12 !.A RF.\'Uf: SOCIALISTE modification profo,1dc ck lem assiette sous pcin~ d'un efTonctr.::ms:nl iné\·1tabk. Le caractère, les causes, les conditions de cette évolution sociale nous demeurent encore masqués. se confondant au milieu des théories et des déclamations dont le bruit nous étourdit et nous a\'eugle: les attaques personnelles, les erreurs et les paradoxes jettent les meilleurs esprits dans lïncertitude et l'hésitation. La Société moderne se trouve, à peu près, dans la situation d'un malade entouré de médecins d'opinions différentes. Les uns. qu'on appelle les Economistes orthodoxes, veulent laisser au jeu naturel des intérèts le soin de notre bonheur: les autres. pleins d'enthousiasme. proclament, urbi et orbi, qu'ils ont découYert seul le moyen infaillibk: de sauYer l'humanité: d'autres, plus dinicilement écoutés. s'efforcent de faire comprendre l'utilité de chercher à la source première de nos maux, au lieu de nous laisser égarer par les apparences et de ne viser. dans nos réformes, que les effets secondaires. Malheureusement. les sociétés sont comme les individus : cll-.::sont l'impatience de leurs souffrances et s'abandonnent de préférence à qui leur promet le soulagement immédiat. De là les succès constants des palliatifs et des expédients. Cela se co111prend et s'explique facilement. Prenons garde, toutefois, de croire qu'il suffit de faire nouveau pour faire bien. Ne cherchons point à nous faire illusion à nous-mèmes, sachons reconnaitre qu·une doctrine social1ste ne peut pas plus refaiïe d\111coup de baguette magique notre pauvre \'ieille société que la médecine ne peut régénérêr par ses formules les organismes débilités par la nnladie uu la Yieillesse. Sans préjuger la valeur des théories en cours, nous n•~ denms pas plus les considérer comme constituant tout le socialisme que les doctrines médicales les mi~ux apparentées ne peuvent être confondues :l \'CC la médecine. C'est 1xécisé111entcette confusion reurettable des doctrines et t'> des personnes avec le socialisme mème qui a donné lieu à tant d'équivcques, a pro,·oqué tant d'oppositions et peut retarder lo:1gtemp::- encore le progrès socialiste. Au lieu de déchainer des inimities et des rivalités essentiellement anti-sociales : au lieu de chercher dans tel ou tel facteur la cause exclusive de toutes nos infortunes, au lieu de nous disputer et de nous di,·iser sur de vaines questions de personnes, ne vaudrait-il pas beaucoup mieux commencer par nous bien pénétrer des conditions et des lois de la ,·ie sociale, chercher dans la connaissance approfondie de la so.::ialité lïndication des meilleurs moy-2ns d'améliorer notre dat social en souffrance? Nous ne devons jamais oublier qu'une loi. qu'elle soit physiquL:. phvsiologique ou sociale, ne peut êtr.:: considérée comme la eau e
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==