La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

d-:-ces membres. Personne, en effd, ne considère corn111c Société. u,1c a!,!glo111ération d'êtres vivants simplement juxtapost.:~,. Autrement dit, la vie sociale est la ré.,ultant~ de l'adaptation d de la solidarisation des vies individuelle::.. comme la vie oqpniquë -...,t la résultante de la synergie fonctionnelle des éléments anatomiques. La vie sociale. comme la vie organique. est bien la totalisation des viLS individuelles, mais c·est une totalisation qui fonnc une individualis~- tion par la solidarisation des \'ies co111posactes. Le principe même du développ2ment et de l'organisation d'un~ Société, c·cst la division du tra\'ail et la difîérenciation des individus. cornme celui du développement et de \"organisation des êtres vivant,; est la di\'i..;ion des fonctions tt la difîérenciation anatomique. ous ne pou,·ons pas plus comprè;1dre la genèse et la variabilité de la ,·ie organic1uc sans la suppo~:::r détermirn'.e par le jeu des équilibrations et adaptations de la matière ,·i\'ante aux conditions de vie. que nous ne pou,·ons co11cevoir la formation et l'évolution des Sociétés autrement que par \"adaptation nécessaire de leurs mernbr:!s aux conditions possibles lk vie sociale. Aussi \"axiome d:! Spencer : " les caractères de ragr~gat S('1:t dderminés par les caractères des unités qui les composent " ( 1), a-t-:J b.:-soin, pour ètre universellernent nai. Lldrc lègèrem ·nt modifié : cc ne sont p:ts seulement les caractèr~s des unités compos:tnks qui déterminent les caractères des agrégats. mais cc sont surtout les conditioi1s d modes Lféquilibrat1ons ou adaptations mutuelles dc ces unités composantes. D~ cette façon. en effet. cet axiome trou,·~ sa niri flcation en tout et partout, dans le monde physique_. depuis l'atome jusqu'au s_,;st~me solaire. dans le monde organique. depuis les rnon~res jusqu;1 "l'homo sapiens,,, et dans le monde social. depuis la société animale l:1 plus infime. jusqu·à nos grandes sociét~~ moderne~;. Cest que. en effot, la vie sociale nc p~ut être que la résultante des conditions qui la dt.:terminent. et cellcs-..:i ne peuvent ètrc autres qtH..: les relations et déterminations réciproqu~.; des indi, idus entre eux. C'est-à dire que la vie sociale se mesure au degré de correspondance. de solidarisation de ses membres. com1~1è la vie organique sur la ~;ynergie fonctionnelle des organes. L:i , :e sociale se distingue de i:.l \'ie individuelle comme la vie physiologique dc la vie cellulaire de J'~lément anatomique. Il ne s'agit pas plus de (aire de la Yi.~:.:ocia!e une simple question de biologie que nous ne de\·ons considérer la ,·ie lÎun organisme animal comme un simple phénomène chimi,1ue. Mais aussi, de mèrne que nous nepou,·ons arriver à .:oncevoir le mécanisme de la vitalité physiologique sans remonter à sa véritable source dans les phénomènes physico-chimiques de la nutrition r~duite à sa plus simple expression, ( 1) H. Spencer : lulrod11rt:011à la Sârnte Soc.'a/~. •

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