LA REVUE SOCIALISTE les autres. au point que les émotions des uns se communiquent aux :mtres. comme b douleur et b joie; nous ne pou\'ons vvir souffrir un de nos :oeml~lablessans ép•.·ouver nous-P1èmc une sensation quelconque, Je plus souHnt une \'éritable souffrance par sympathie. Mais. c'est surtout l'étude de la physiologie, de la psychologie et de la !)athologie des foules qui est naiment suggestive et démonstrati,·e à c: point de vue. Espinas a tres bit:n fait ressortir l'effet du nombre aussi bien chez les animaux qu-' cha 1'!10mmc (1): l'exemple classique de la file indimllc est susceptibk de· nombreuses applications aux actions humaines: Tarde a justement montré toute l'importance de l'l//liti1tioll dans les faits sociaux (2): tout le 1110:1deco'.rnait l'effet irrésistible de la panique sur une armée. Sighele (3) conclut avec raison que les individus perdent leur caractère p~rsonnel, leur responsabilité indi\'iduelle dan•, les grands entraînements des foules : dans ce cas. ce n'est plus tel ou tel homme qui vole, incendie ou assassine. c'est un membr-; d'une collectivité. Tout cela s'e);plique aisément a\'ec notre théorie de l'origine et de la nature vibratoire de la sensibilité, mais elle nous rno:1tre surtout que la conceptio:1 de la nature organique. du caractàe \'i,·ant du corps social n·est pas une simi1k vue de l'esprit. une simple métaphore. II DE LA VIE SOCIALE Quelle que soit l'id~e qu'on se fasse d'une Société. on est toujours bien obligé cl'aclmcttrc qu'elle constitue un tout. un ensemble, un composé d'ètres \·i,·ants. Bien p1us, pour qu'il y ait societ-: proprement dite, il faut encore une certaine dépendance, un mode quelconque de concours ou de solidarité entre ses membres, cc n·est pa~ la coexistence d'ètres vivants qui constitue une société, mais c'est leur mode d'existence en commun, en corrélation et en mutuelle dépendance. Par conséquent, notre idée de société implique nécessairement une ditTàence entre la vie individuelle de ses membres considérés isolément et leur vie sociale en \'Ïsâgée d:rns leur mutuelle dé;1endance. La vie sociale est essentiellement caractérisée par le mode et le degr~ ùe correspondance des membres d'une société et non pas par le nornhre de l'importance ------ ----·------------ ( 1) E,;pinas : 'Des Soc,'étés a11n11a!cs. \2) Tarde, Les i.J:s rnr J'i11J:fat1011. ()) Sight'I,·, /.,7 jo:i/c cr1111 11elft'.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==