DE I A :-.:ATURE 1:·r '.,U CAaACTl:iŒ ORCANIQUI: DES LOIS SO(IAT.ES 1 ()~ k:, corporations ec-.:lésiasti,1ues. les armecs. les institutions de tous ordres. même les corporations. les cercles. les associations philanthropiques. etc .. nous montrent la durée de la vie sociale continu:rnt au delà de celles des personnes qui les composent. Cc n'est pas tout. La mème loi s'applique aux parties qui composent la société : leur durée se trouve dépassée par celle de la société en général. Les associations priv~es. les corps publics locaux, les institutions nationales secondaires. les villes ou fleurissent des industries particulières. peu\"ent dëpérir. tandis que la nation. conservant son intégrité. holue dans sa masse et dans sa structure. " Dans l'ètre vi\'ant comme dans la société. aussi. les fonctions rnutuelle111entdépendantes affectées aux diverses divisions, se composant chacune des actions d'un grand nombre d'unités, il ~·ensuit que ces unités. mourant 1'une après l'autre. se trouvent re111placées sans que l,1 fonction où elles ont un r6le soit sensiblement affectée. Dans un 111uscle. chaque élément musculaire. s·usant à son tour. est emporté et rem placé tandis que les autres continuent à fournir co111111e à l'ordinaire leurs contractions habituelles: la retraite d'tm fonctionnaire public. la mort d'un boutiquier apportent aux affaires ou à l'activité de l'industrie où l'un et l'autre étaient 111èlésune perturbation imperceptible. " De là Yient qu'il y a dans l'organisme soi:ial. comme dans l'orgalilisme individuel. une Yie de l'ensemble qui ne ressemble point à celle des unités. encore qu'elle en soit le produit. "(1) Dans un organisme Yivant nous saisissons l'enchainement des fonctions dans le temps et dans l'espace : c·est ce qui nous donne le sent:- ment de son uni te individuelle. Dans un organis111csocial, nous perdons de ,·ue cette relation. parce que nous avons l'habitude d'attacher une réalité tangible, sensorielle. à ces mots : temps, espace. Mais, si nous réfléchissons que ces deux mots ne marquent que des rapports et que ces rapports n·ont que la valeur que nous leur attribuons par égard à nous-mêmes. nous comprendrons facilement que nous ne sommes pas. en réalité, la mesure réelle ni du temps. ni de l'espace: dès lors. au lieu de les considérer uniquement par rapport à notre propre existence. nous n'ayons qu'à nous efforcer de les enYisager par rapport à l'exis- • tence d'une fa111illc,d'une tribu. d'une nation, d'une race pour les YOir sous un aspect tout différent et avec des proportions tout autres. Nous pou\'ons ainsi arriver à sentir l'unité individuelle dans le corps social. si nous remarquons que nous sentons en nous les conséquences des existences de nos prédécesseurs, que nous pouvons éprouver certaines de leurs émotions tout co111mcnous pouvons réveiller en nous certaines de nos propres émotions passées. Grâce à la sensibilité psychique, les êtres vivants sont en communication constante, réagissent les uns sur (1) H.:Spencer. Pri11ofes de Sociologie..
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