La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

l 1)0 LA Rl-.\'L'l: SOCIAL13TI: fausse. Nous a\·ons dit c..t rép~k que toutes nos distinctions et classifications n'ont pour but qut' de faciliter notre entente et notre expression des chose:,. ne sont que des produits artificiels nécessaires à notre distinction des choses. La preuve en est dans la \·aleur et la signification toute dilfért!ntes que nous attachons à ces classifications et dénominations suivant le point de nie où nous nous plaçons. sui\·ant notre état d'esprit. sui\'ant notre degré de connaissance des phénomènes. Les ol..,jcctions que l'on peut faire à l'assimilation d'un organisme social a un organi::..me physiolcrgique tiennent beaucoup plus à la préoccupation des conséquences qui en découlent ou à la persistance d'une conception erronée de la Yitalité. qu',1 une appréciation. sans parti pris. du phénomcne de la socialité. Quand nous parlons de la \·ie :,,;ociale. nous a\·ons trop de tendance à oublier les origines modestes des sociétés hurn;iinc:,,; dans les agglomàations primitives de la bete humaine et l'uni\·cr:,,;ellc tendance de l'animalité à se socialiser. Or. de même que nou~ ne pou\·ons acquérir une notion complete de la vitalité qu'en l'envi:,,;ageant dan:,,;son caracter-: le plus simple, le plus réduit. le plus gL·néral, le plus extensif: de même nous ne de\'ons pas chercher a compre1_1drc la socialité en n·c11Yisageant que nos grandes société:,,;humaine..,, modernes. mais nous de\·ons chercher le caractère le plus :,impie. le plus rcduit. le plus général. le plus extensif que nous offre toute socidé, que celle-ci soit animale ou humaine. Or, ainsi em·isagéc, la \'ic sociale nous parait essentiellement caractérisée par un mode quelconque de solidarité entre ses membres. Personne ne peut nier que nous entendons par sociét0 un tout. un ensemble: toutes les différences dïnterprc.:tation se manife:.tent seulement sur l'idée que chacun se fait dl.! ce tout : au fond. ce n·e:.t la qu'une question de mots ou de théories. H. Spencer remarque a\·ec raison qu·une socicté. étant un tout composé de parties \'ivantes, offre plus d'analogie a\'CC un tout \'i\'ant qu'a\'ec un tout non ,·1\·ant dont les parties ne sont pas vi\·antes. " Les parties d'un agrégat inorganique ont entre elles des relation::. tel les que l'une peut changer beaucoup sans que les autres en soient affectées d'une manierc appréciable. Il en est autrement des parties d'tm agregat organique ou d'un agrégat social. Dans l'un comme dans l'autre. les changements des parties se déterminent mutuellement. Dans l'un comme dans l'autre aussi. cette mutualité s'accuse da\'antage à mesure que l'é\'olution progresse. Le type le plus inférieur de l'animalité est partout estomac. partout surface respiratoire. partout membre locomoteur. Le développement d'un type qui a des appendices à l'aide desquels il se meut çà et là ou se saisit de sa proie, ne peut a\'oir lieu qu'autant que ces appendices. perdant la faculté d'absorber la nourriture directement aux dépens des corps ambiants, la reçoi\'ent de parties qui conser\'ent la faculté d'absorber. Une surface respiratoire où les

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