La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

Dë l.r\ NATURE ET DU CAR.\CTi•:tŒ ORGAt\lQUE DES LOIS SOCIAi.ES 119 ainsi amené à considérer comme autant d..., sens auxiliaires les divers moyens à'investigation expérimentale que nous appelons.. sciences ou appareils scientiÎlques; nous ïeconnaissons la nécessité de l'emploi des signes (mimique, langage. écriture, dessin. etc.), pour la production, le développement et la communication de la pensée; nous avons suffisamment insisté sur l'importance du milieu organique, sur le rôle des influences extrinsèques (milieu cosmique. milieu social) êians la différenciation et l'organisation de la vie pour que chacun puisse facilement sentir que nous ne pouvons réellement e1wisager l'homme seul que par un artiÎlce d'abstraction et en sortant des conditions réelles dans lesquelles se passe sa vie. Nous n'en sommes. plus à considérer l'être humain comme un ètre " à part " dans la création; en tout cas. il 11'est plus personne pour contester que la vie humaine•ne peut ètreconsidérée autrement qu'à l'état social. Bien plus, nous ne pouvons pas limiter cette condition sociale aux relations des hommes entre.eux, nous devons l'étendre à tous nos animaux domestiques et ne pas oublier le rôle vital des conditions du sol et du climat, au point de vue des ressources alimentaires et des innombrables causes qui peuvent agir favorablement ou d~fàvorablement sur le développement individuel et social. Trop longtemps. en effet, on a voulu considérer l'homme séparément du reste de la nature et on a ainsi faussé la notion de la sociabilité humaine dont on faisait un attribut " humain ,,. Aujourd'hui nous savons et comprenons que la sociabilité est une manifestation de l'animalité en g~néral; la seule différence entre la sociabilité humaine et la sociabili_té animale, c'est que nous considérons lï1omme comme conscient de ses tendances et de ses besoins sociaux, tandis que nous ne \·oyons chez les animaux qu'un instinct ayant sa source dans les besoins organiques. Mais il ne faut point nous laisser égarer par cette tendance naturelle qui nous porte à juger le:3 mèmes choses différemment chez lïiomme et chez les animaux. Nous devons du reste distinguer sous le rapport de l'évolution soci::tle aussi bien que sous le rapport de l'évolution mentale entre les phases primitives, rudimentaires, où l'humanité était réduite à la bestialité. et les phases supérieures où nous assistons cnÎln à l'éYeil de la conscience sociale. En réalité. le monde social n'est que l'adaptation du monde organique à ses propres conditic,ns de vie, c·est-:i.-dire :i ses conditions de milieu. Il est donc bien superflu de disserter pour savoir si on doit envisager le monde social comme formant un monde distinct du monde organique. Nous ne croyons pas non plus qu'il soit indispensable d'établir si nous devons considérer une société, un corps social, comme un véritable organisme. biologiquement parlant. ou si nous ne devons voir dans cette expression qu'une analogie lointaine. plus ou moins commode, plus ou moins heureuse ou mè1:1c plus ou moins

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