La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

1.'t_;,op1;; !)ANS 1.'HISTOIRL 1 j 1 ~is et de Sa111othrace, c'est-à-dire les sanctuaires ésotériques. car le.:; mystères éleusiens et samothr,iciens, dont la connaissance. au dire d1.: Pyndare, assurait le bonheur parfait, rele,·aient eux aussi de l'uniq~1e et vénérable source de l'ésotérisme. réser\'oir de toutes les hautes connaissances d'une civilisation supérieure qui a péri: science occulte pn:- cie:1se que l 'Jnde et l'Egypte ont conservé au monde. Cette conception du s:ivant Kantist~ est d ·autant plus remarquable qu'elle dak de 186,, époque où il n'était guère question de l'occultisme si florissant de nos jours et qui apport~ra ccrtaine111ent son lar;.;-e contingent dans la transformation philosophique et religi~use qui fera grande la prochaine révolution sociale. ,, Le mythe éleusien, nous dit l 'écri\'ain uchronien. consiste dans la disparition de la jeune fille Semence, qui a cueilli par mégarde une !leur narcotique en faisant des bouquets dans les prés avec ses compagnes. L'Im·isiblc, le roi des Morts. l'entraine dans le Tartare et l'épouse, la ravissant ainsi à la Terre-Mère. sa mère, et aux autres Immortels de la sphère lumineuse, non sans la permission du P~re des Dieux. La Terre-Mère. aidce de la Lune et du Soleil qui \'Oit tout, pours:1it le ravisseur et parcourt vainement le monde, en habits de deuil. d désespérée. Pendant ce temps, les se111enœs de111eurent enfouies dans k sol. et la race humaine est menacée d~ s'éteindre. Il faut que le Père des dieux intervienne. Sur son 111cssage. l'invisible rend son épouse :iu jour après lui avoir fait goùter la faute de la Génération. Mais ce fruit a la Yertu d'obliger la Semence à passer le tiers de l'an dans la couche du roi des Morts: elle en sort chaque print~mps pour lrnbiter avec sa mère et le chœur des célestes im111ortels. " Qi.1ant aux mystàes eux-m~mes. nous nous bornerons également à citer Renouvier. " Le drame mystagogique dont la représ1.;ntation était donnée au,c initiés. ou par eux, n'était que la traduction légendaire de la passion et des pérégrinations de la mère en deuil. Un épisode 111crve::illeuxse rattachait à des pratiques de lustration et de purification par l'eau e,u par le feu. symboles des œuvres de s:mctification morale qui approchertt lï10m111e de l'essence diYine: c'était le spectacle Jes rites accomplis la nuit, en présence du foyer. par la Terre-Mer-!qui, caché.:! a Eleusis sous le nom de Céo. travaille à faire du fils de la maison un immortel. Un autre épisode conduisait à lï1tstitution d'un sacrement de Co111111union divine: de mèmc que la déesse, au te1nps de ses douleurs, accepta des mains de son hotesse un breuvage féculent et parfumé, le l<ikfon, dont la recette a été transmise, de mème l'initié s'unissait à la déesse et participait à son mode de ,·ie, en recevant cc pain divmement préparé. Un autre, plus important. se rapportait à l'établissement des lois civiles et à celui des mystères cux-mèmes, pendant le séjour de la Terre-Mère

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