La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

1 ,o LA REVUE SOCIALISTE o.:cupations plu.; sociales et plus hum:iines et. pour que l'épuration fut compi~t~. ils combattirent énergiquement les superst,t1ons païennes. L-:!senfantines légendes des dieux de \'Olympe furent ramené1.s à leur signiliotion symbolique. Aux anciens rite,; on substitua un culte (Î\'ique ha~~ sur l~s i.Jée.5 de lib~rté. de dévouement et d'apothéose. Ce culte a,ait c:.:la d'original que, n'ayant pas de dogme derrière lui. il était antfrieur aux croyance,; indi,·iduel!es qu'il resµectait, se born:rnt à exprimer la foi sociale cornm un~ et glorifier b \'ertu, notamment 12 dévouem.:nt social, la bonté et la justice. Tout ceb de façon à ce qu'un citoyen ne pom·ait dé::,a,·ouer. C'est bien là tout c.:!qu2 peut être une religion civile. nous affirme Renou,·ier. et il nous donne un exemple, que voici dans sa partie essentiel!..!. La prerni~re fois que la fde des c·J111pi!t1fcs fut célébrée. après la promulgation de.; décrets religieux, Clodius Albinus formula dignement dans le Sénat le principe de l'apothéose : "Nous avons abattu les statues des tyra1~s. éditions sans crainte les autels des :..;rands hommes. Q1i se trompera. si ce n'est \'Olontairement. sur le genr~ des honneurs que nous leur r-.'ndons? C.es autels. que la Grece pour la première foi::-. consacra ~1un LvsanJre. ardent ennemi de toutes les libcrtcs, et \'i,·ant ! que Rome, en un siecle d'avilissement, consacra au \'ainqueur Jules César. au ,·ainq11eur üct.1,·e Auguste, consacron~~-lcs aux ~auveursdont la mémoire triomphe dans nos cœurs ! Ek,·ons un temple a Marc-Aurek. ou plutot, pom l'imiter, à la 13.)///é. sous l'im·ocatio:1 de Marc-Aurèle: un temple à Cassius. ou plutot. à la force morale. à la Va/11, s<,..1s lïm·ocation d..: Cassius! Adressons-leur nos wcux. rapportons-leur nos bonnes pensées. car la priere à a;1'( d'm b,111/ (s11/l, ries) den:ra nos cou;ages. poun·u qu'elle ne soit pas une vaine implorati< n de g;,'tce:, impossibles, mais une s:rnctification de nos résolutions et de nos desseins, en prés-.:nc..: Je! ceux qu..; nous croyons en possession de l'immortalité meritec. Offrons-leur même des sacrifices S) mboliqucs. en signe du don de nos bi..n..s et de nos \'ies, que nous de\'ons dr...: prèts ~t fair...: pour le:o ,·'-rtus et les œun~s qui les illustràent. " Renou\'ier se défend. à cette place. de \'accusation dïdolùtric qu'il prévoit ju,;;ternent, et il s'efforce de prou\'er que c 'Lst plutot !a un humanisme éclaire:, grand incitateur d~ \'Crtu, d1. honk et de de\'Ouement social. Qµoi qu ïl en soit. et aussi moralisateur qu'il puisse ètre pour les àmes simpl~s. cc culte purement humain et par trop apothéosique ne pouvait suffire aux intelligences chercheuses et aux esprits soufTranb plus ou moins atteints par le mystérismc oriental. En outre il fallait trouver une conception religieuse capable de suh\'enir à œ que 1·anci1.:n symbolisme des dieux aYait pu fournir et de constituer un~ sorte de ::-upport de doctrine, l'Uchronicn y pourvoit en ouvrant les templesd'Eleu-

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