10 LA REVUE SOCIALISTE pitaux employés sont, en partie des capitaux dus, et en forme_ de ~ette ..:i\·ile: ceux-là aussi profiteront de la réduction. Beaucoup de negociants et fabricants. grands et petits \·erront donc notre réforme favorablement. Il en sera de mème, des propriétaires d'immeubles grevés de dettes hypothécaires et chirographaires, et l'on sait que le nombre en est considérable. même et surtout à Paris. Mais .:'est au fond des campagnes, dans tous les villages et hameaux de France, chez les petits propriétaires ruraux, que la réduction de l'intérèt sera accueillie avec transport. C'est là que l'usure légale ou illégale, sévit avec intensité et dé\'Ore les fruits du travail. Sur deux millions cinq cent mille propriétaires cultivateurs, que l'on compte en france, il n'en est certainement pas cinq cent mille qui ne soient ro1r gés par la dette. Prenons pourtant ce chiffre et admettons, comme nous aYons déjà dit, que le total des dettes des paysans, soit de sept milliards. Sept milliards diYisés entre deux millions d'individus, donnent pour chacun une somme de trois mille cinq cents fran..:s, qui exigent annuellement à cinq pour cent, cent soixante-quinze francs, c'est trente-cinq écus de cent sous. que doit trouYer le paysan, sans compter ceux qu'il faut pour l'impôt. Or. de ces trente-cinq écus qu'il se procurera et dont il se dépouillera a\'ec tant de peine. nous lui proposerons d'en garder chaque année le cinquième, sept: sept beaux écus en bel argent, sait-on bien ce que c'est pour le pauvre paysan. pour le paysan aisé mème~ Ah! son vote est bien acquis à ceux qui lui assureront pareille aubaine! On Ya souYent chercher loin ce qui est tout près; on s'épuise à imaginer des combinaisons extraordinaires quand de bien simples suffisent Cette pauvre réduction d'un pour cent sur le taux de l'intérêt parait une toute petite chose auprès des profonds changements que proposent ou rêvent les esprits absolus et impatients qui voudraient du jour au lendemain voir triompher leurs théories. Non, sans doute, notre modeste réforme ne résoudra pas la question sociale. nous le savons de reste, mais convenons, mes amis, qu'elle l'avancerait un p-:u, si elle amer,ait à la Chambre prochaine, une majorité des nôtres. GUILLOT. P.-S. Supposant que l'idée que je viens de présenter, panît digne d'un <:xamen serieux et approfondi, je demanderais qu'il fùt con;;titue un comité c:h:irgé de l'étudier clans ses détails et de rechercher les moyens de la mettre en pratique. La période électorale, peut être d'ores et déjà considùée co·11me ouverte, et, i1 mon avis, il n'y a pas un moment à pe1dre pour élaborer un plan de c:impagne et prendre une bonne position sur le terrain. Il est temps que les paysans sacheri t, que les socialistes s·occu pen t sérieusemen ~ de leurs in térèts et ci u 'il les comprennent. Nous proposons, a ujourd 'hui, quelque chose en leur faveur nous allons vers eux; quand mème nous en serions mal accueillis et ne réussirions pas, nous aurions du moins, ess:iyé de leur être utiks et fait notre devoir.
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