APPEL AUX PA YSANS 9 !'«ide des Anglais qui ne ·ont cependant pas tendres, sur l'article de la proprieté: des lois agraires, des lois qui réglementeraient les rapports entre fermiers et propriétaires. Rien ne serait plus facile avec la Chambre qui aurait déjà voté la réduction de l'intérêt. Elle pourrait faire, par exemple, une loi décidant que lorsqu·un cultivateur serait exproprié par suite de dettes contractées à l'occasion de sa propriété, le nouveau propriétaire serait tenu de mettre l'affermage des biens aux enchères et qu·un droit de préférence, à prix égal, serait donné à l'ancien propriétaire. Ainsi, le malheureux paysan que l'accumulation des intérêts et des frais de justice aurait ruiné, ne serait pas jeté sur les chemins; il perdrait bien la propriété, mais non la jouissance de son champ et de ·a cabane, et instruit par le malheur à plus de prudence. il pourrait se relever. Ajoutons que le créancier. même en exécutant un débiteur. aurait alors intérèt à le ménager afin de s'assurer, au moins, le paiement de son fermage. L·annonce d'une pareille loi sur le mur des mairies et des églises y produirait un autre effet que !"affichage des discours officiels qu'on y voit d'ordinaire. VIII Ayant étudié notre proposition de la réduction du taux de l'argent aux points de vue de la justice et de lïntérèt général, il nous reste a l'envisager comme tactique de parti et plate-forme électorale. Nous plaçant sur le terrain cconomique, nous n'avons point à fain· de sentimentalité et n'a,·ons la prétention d'attirer à nous. que ceux qui y trouveront leur intérèt direct. immédiat, incontestable. Nous l'avons déjà dit, la réforme que nous nous proposons répandra ses bienfaits et, conséquemment. devra rencontrer des partisans dans toutes les classes de la société. C'est cette nie, indiquée seulement, qu'il convient maintenant de développer un peu. Quelle classe de la société ne gémit sous le poids de la dette et ne se courbe sous k fardean des intérèts? Aucune assurément. Ceux que l'on croit ::iommunément aisés. riches même. sont presque tous minés par cette plaie. A part quelques fortunes scandaleuses et qui s·accroissent sans cesse aux dépens de la masse; à part, encoro:, un certain nombre de hauts et moyens bourgeois qui administrent leurs biens aYec ordre et économie: la dette est partout. C'est. principah:rnent, dans les classes élevées que les dépenses excèdent les revenus. Là, chacun yeut jouir et surtout paraitr~ plus riche qu'il n'est. Aussi b dette sévit-elle dans ce milieu d'apparence riche, autant que dans aucun autre. Sans doute, le un pour cent que les gens de cetk c~tégorie pourront avoir de moins à payer ne changera guère leur situation: ils profit('ront, toutefois, de la mesure générale et nl! pourront prendre en mau,·aise part le cadeau qui leur sera ainsi fait. Dans lïndustric. tfans le cornrncrc..:-. il arrive fortsoll\·entquc lcsca
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