La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

LA REVUE SOCIAUSTE n'eussent dù, et que, sans récriminations inutiles autant qu'in_justcs, ils se soumettent à la loi. VII Nous croyons avoir répondu victorieusement aux objedions qui pourraient ètre faites au nom des prèteurs, mais il ne serait pas impossible qu'on en présentât aussi au nom des emprunteurs. On pourrait dire particulièrement ceci: Si vous diminuez l'intérêt, à l'expiration du contrat les créanciers, au lieu de renouveler comme il arrive le plus sou\·ent, exigeront le remboursement immédiat ; et comme le plus o-rand nombre de débiteurs seront dans lïmpossibilité de le faire, pour- o suites, frais, expropriation, ruine d'une immense quantité de citoyens de toute classe et principalement de ces petits propriétaires presque tous obérés et que vous aviez pour but de soulager. Certainement, les paysans penseront à cette éventualité et les usuriers qui les dévorent, ne manqueront pas de les en menacer. L'objection vaut qu'on l'examine de près. La detté hypothécaire, en France, s"ékvc à vingt-cinq milliards. Voit-on vingt-cinq milliards d'immeubles jetés sur le marché en quelques années et ce que deviendrait la \'aleur de 1:.-l propriété foncière déjà si dépréciée. Sans dcute, ces hypotheques ne pèsent pas seulement sur la petite et moyenne propriété et les immeubles des villes, de Paris surtout, en portent la plus lourde part, iVlaiscette part concerne les gros capitalistes et le Crédit foncier. Cc n'est pas parmi ces gens-là. que nous prétendons recruter des p~rtisans et nous ne nous en soucions guère. Ceux dont nous nous soucions, ce sont les moyens et petits propriétaires ruraux. nos amis de demain, les paysans E,·aluant leur dette à sept mifliards. en y comprenant la dette chirographaire, c'est être assurément au-dessous de la vérité. Si leurs créanciers \'Otdaient les exécuter, à qui \'Cndraient-ils cette masse de petit:-- biens, de parcelles? Ce n'est pas les gros capitalistes. ni le Crédit foncier, qui s'en embarrasseraient. Cc n'est pas aux paysans aisés qu'ils les vendraient: le petit nombre d'entre eux qui n'ont pas de dettes. sont déjà gorgés de terre, autant qu'ils en ont pu avaler: pour payer il faudrait qu·eux-rnêrnes empruntassent, ce qui est hors de question. Les créanciers, la plupart non cultivatems, mais petits capitalistes, je nux dire usuriers, seraient donc obligés de garder les terre~ pour eux-mêmes. 'Les exploiter, ils ne le pem·ent pas; l;s affermer, c·est encore bien difficile, ils préféreront donc généralement. percevoir un intéret un peu moindre de leur argent et laisser ks choses en l'état. Je suppose. pourt::i.nt, qu'un nombre assez considérable de propriétair~s, fussent déposs~dés et menacés d'ètre cxpulsis de h:ur chaumiere, comme 1~sont les p::tuvrcs paysans d'Irlande. Mais on aurait le temps de se retourner: nous ferions en ce cas, cc qui se fait ou Ya se faire 1.:n!rlande, et a\'CC

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