La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

t.'UH)l>II:. DANS t.'HtSTOIRL ,~- )/ Ce n'est pas dans un moment si critique que l'illustn; Dion pouvait se taire. Malgré l'édit meurtrier de Domitien, il parcourait l'empire en habit de mendiant, appdant tous les sophistes. tous les orateurs, tous les généreux à la prédication de la régénération sociale. ·on pouvoir mor:.l était immense et lorsque l'odieux Domitien eut expié ses crimes sous le poignard des conjurés, le vieux philosophe fut assez puissant pour faire dire le vertueux Nerva avec l'espérance de les con,·ertir,· lui et son armée, à ses idées républicaines et réformatrices. Mémorable fut la conférence qui eut lieu. à cette occasion sur les bords du Rhin, entre le vieux philosophe et le vieil empereur. Dion voulait que l'élu de l'armée. hientot l'élu du Sénat. car l'adhésion enthousiaste du Sénat n'était pas douteuse. 1ù1cceptàt se::- pouvoirs que pour s'en démettre solennellement, en fa\'cur du peuple romain appelé à se gouverner, conformément à la vieille constitution de la République. Tout au plus admettent-ils que l'empereur pùt préparer l'erc nou,·ellc de la liberté par une dictature de trois ans. Nerva objecta que le peuple n'était pas prêt, Dion répliqua que si l'on attendait qu'il le fùt, on n·agirait jamais et il partit assez découragé quoique Nerva lui eut promis dt!S r..:formes sérieuses que d'ailleurs il exécuta fidelement. Nen·a ouvrit en effet son regne par de grands acks : les sénateurs declarés inviolables. récupérerent le droit de jugl!mcnt: le crime de lèse-majesté fut supprimé: des lots de terre inculk furent accordés aux citoyens paunes et des écoles gratuites 0U\'crtes ·:1 leurs enfants. Ajoutez-y la répr1:ssion dl! la licence dt.!s spectacle::- et l'interdiction de la castration ( 1). D' autr1:s reformes suivirent, et enfin cn·a couronna son œuvrc par la noble pratique de l'adoption que l'empereur Galba. grand méconnu. et, je crois. Otton. avaient tenté ,·ainement d'établir \'ingt-cinq ans auparavant. Il céda l'Empire a celui de se:. lieutenanb qui lui parut le plus vertul!ux \!t le plus dig-ne dl! regner. ·on choix. qui fait époque Jans \'histoire. tomba sur Marcus. Ulpius. Trajanus. Plus homme de guerre que réformateur, Trajan n'était peut-ètre pas l'homme qu'exigeaient les circonstances. mais au muin:, furtifia-t-il l'empire, et si ses très inutiles conquêtes d'Assyrie, d'Arménie, de Mésopotamie, ses impolitiques \'ictoires sur les Parthes renforcèrent malheureusement le militarisme, il annexa très politiquement la Dacie et tous les pays danubiens à.l'empire. (1) Cdte ahominabk pratique ne fut rétablie uu moment que ~ous l'empereur Commode, l'indigne fils de Mar.: Aurèle et plus tard, sou~ les empereur~ même chr.itiens, que l'U.-bro11i: supprime, et sou~ les papes, dan~ l'intérèt tk la musique de chapelle. Les :-11.:tepsrètés :1 Nerva sont parfaitement historique~ et désignent clairement son but, qui ctait la régénération du peuple par l'tiducation et la propri.ité. li n'est p:is moins certain que le républkain Dion Chrysostome 111 i fit oblcn ir l 'empire d:rns les ci n:onstances rapportée~ ci-de~~us. (Note de Renouvier.)

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