fig-ure de cc temps. Aussi éloquent que Démosthi.:nes. aussi généreux qu"Apollonius de Thiane, son action fut immense. Désabusé des luttes stérile., des sophistcs, lit-on dans l' Uchr,mit', Dion s"était fait moraliste et réformateur - socialiste comme nous disons maintenant. Partout où il passait. il prèchail la paix. la justice et la solidarité. li montrait aux Athéniens. se., auditeurs préférés, les astres se mou\·ant sans se heurter dans une majestueuse harmonie et il conseillait aux hommes de s'ins1)irer de cet ordre céleste. A l'avènement de Vespasien. il vint à Rome et conseilla au nouvel empereur de se couHir de gloire. en ressuscitant b lib~rté républicaine. compl~tée par d'urgentes réformes sociales. Le chef de la dynastie fla\·ienne n'était pas homme à comprendre un pareil lan!{age, il passa outre: son successeur. le crud destructeur de Jérusalem, le trop surfait Titus. n'etait p:is non plus l'homme des 1-.:solutions magnanimes: quant à Domitien, 1.! troisi~me et dernier fhvien, il fit pire, il exila le réformateur. Cependant le mal moral et l'injustice sociale, -deux cotés d'une mème abomination- étaient alors à leur comble. Renouvier insisk sur k mal moral: en des pages inspiréès par une nobk et forte conscienc-:. il flétrit ce qu'il appdle l'a11ti111orni,1: une aristocratie corrompue jusqu'aux moëlles. cruelk jusqu'à l'inconscience. sacrifiant le monde entier. peuples, animaux et ri.:hesses it h satisfa.:tion e,clusive d..: ses infàmes jouissances et jouissant non-seulcment de b mort. mais d:! b torture des ètres. Jamais l'égoïsme n'a\·ait pris une formc aussi ~,trocc. Et combien étendu et intensifié le nnl. p:ir cet cffro:,·abk patri.:i.,t ayant pour instrument des ,mné.!s invincibles et un clergé incroyant et complice. car tels étaient bien d:rns l.l n"én(ralité l.:!s d.:!rniers prètrcs olympiens ! Comme contn.: partie. il y aYait bien la philosoplli.! que propa- )!;Cai.!nt les 1111..illeurs,le platonicisme qui recomm:rnde la pureté et la justice, l'aristotélisme qui enseigne la modération, l'épicurLisme qui dé1~10ntre que le bonheur e.·t dans l'égalité d"ùmc et la sobriété, le stoïcisme. la plus noble théorie dl! Yertu indiYidu..:lk qu'ait jamais connu ks hommes. Mais combien limitée leur action? Le seul rival sérieux de /'e11fi-111omlis111r romain était l'11ltrc-1110ralis111e oriental qui générait fihreusement le christianisme. depuis bientôt un siècle. ,, Ainsi, dit l'auteur de I' Ucbro11ie à l'antimorale, qui est l'égoïsme érigé en un système de \·icc et de pratique des grands. s'oppose en Orient l'ultramorale, qui est la doctrine du sacrifice \"Olontaire des humbles, en vue de leur salut individuel dans une autr::! vie ou du
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