REVUE DES LIVRES 123 L'être complètement indifférent, inactif, ne pourrait avoir aucune rcpré- -sentation (vorstellung), à plus forte raison en conserver, en reproduire, en reconnaître(<\ Mémoire et Association d'idées»). C'est parce que les idées enveloppent des appétitions plus ou moins conscientes, parce qu'elles sont des sensations tendant à des mouvements déterminés, en un mot des forces, qu'elles peuvent être non seulement conservées et reproduites, mais encore reconnues. Or, reconnaître, c'est juger, comparer, projeter les choses à l'extérieur, dans l'espace et le temps; c'est la tendance au mouvement, inhérente à toute image, qui donne cette force de projection et d'extériorité ..... Tout état de conscience est idée, en tant qu'enveloppant un discernement quelconque, et le discernement est d'autant plus fort qu'il y a eu plus de volonté; - foret: en tant qu'enveloppant une préférence quelconque; - si bien que toute force psychique est en dernière analyse un vouloir. Evidemment tout état de conscience est la résultante d'un ensemble prodigieux d'actions et de réactions entre nous et l'extérieur, et il a pour corrélatif la totalité des mouvements qui, à un moment d'onné, s'accomplissent dans le cerveau. Mais, dans le courant cérébral, au tr:ivers de la continuité et de la solidarité de tous les processus mentaux, qui viennent tous se réduire au processus appétitif et sensori-moteur, - l'unité indissoluble du penser et de !'agir est la loi psychologique d'importance capitable que M. Fouillée résume par le terme : Idée-Force. Par l'Idée-Force, tout devient plus clair dans 1<:!sproblèmes animiques. Tous les phénomènes de la sensibilité, de la mémoire, de l'intelligence et de la volonté, et. .. de l'hypnose s'expliquent plus clairement. M. Fouillée les interprète à merveille dans ses explorations à la recherche de l'effort clans tous les organismes et mouvements. Deux faits dominent le monde psychologique : 1• le fait des changements subis que nous sentons; 2° l<:!fait des changements imprimés, auxquels notre personnalité, notre Moi travaille. Par la personnalité, par le Moi, M. Fouillée entend cette unité dont nous avons conscience et qui est la résultante d'un enchevêtrement de sensations, d'actions et de réactions internes et externes, d'associations, d'asssimilations et de désassimilations cérébrales. Car, dans le corps, il n'est aucune partie qui n'ait quelque vie psychique, en même temps que physiologique. li y a partout des sensations et des appétitions plus ou moins rudimentaires, des éléments d'états de conscience plus ou moins diffus et nébuleux. Les organes importants 'du système nerveux sont des concentrations de la vie sensitive et appétitive; le cerveau n'est qu'une concentration encore plus puissante, où la sensation devient idée, l':ippétition volonté, oü la vie enfin prend conscience de soi. Voilà le principe qui est appelé à dominer la psychologie : ubiquité de la conscience et de la volonté sous des formes plus ou moins rudimentaires, mais qui enveloppent toutes un germe de discernement, un germe dt! bien-être et de malaise, enfin un germe de préférence, par conséquent le processus fondamental dont l'idée-force du Moi et de ses substituts est la forme la plus haute.
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