122 LA REVUE SOCIALISTE ment que l'activité n'existe point et' même n'ait pas conscience de son existence. Ce qui est vrai c'est que la notion abstraite et générale d'activité n'exprime point une faculté réelle et distincte de ses actes concrets, une entité métaphysique. Mais ce qui est en question, ce n'est pas l'existence d'unt: activité comme faculté, c'est l'existence de l'action même, de l'action réelle de !'agir. Or, c'est cette action, dont nous avons perpétuellement conscience dans tous nos ét:its, quoique nous puissions encore une fois l'imaginer, nous la représenter. - « L'appétit est le fond de la vie, et la vie est une fonction essentiellement extensive et motrice. » - « Lt: besoin à satisfaire et l'innervation motrice sont I es expressions de la vie dans tout animal. » Il est deux mots que M. Fouillée n'écrit jamais: « Dieu » et << àme » ; car tout doit s'.:ntendre matériellement, même cette force interne intime, cet élément dynamique que M. Fouillée s'efforce de saisir dans toutes les manifestations de sa vie. Ne sont admis ni le pur esprit des métaphysiciens, ni le mécanisme exclusif de certains physiologistes. Les exp! ications mécaniques doivent être étendues le plus loin possible, et même partout. Mais il y a un élément irréductible au pur mécanisme et au pur intellectualisme, et cet élément est toujours le même: c'est la sensibilité dont la motilité est inséparable; c'est l'appétition, le désir, la volonté insé~,:irables du sentir. Le panorama intellectuel que nous offre le spiritualisme ou le conceptualisme, est incomplet et par trop peuplé c\'i11a11iraeg11a. li en est de m2me des données du sensualisme exclusif qui ramene la formation de la pensée à un jeu d'impressions passives et reçues toutes faites du dehors. Ces deux conceptions méconnaissent la part de réaction dans le cerveau. Nous n'avons ni psychologiquement, ni physiologiquement le droit d'exclure du nombre des phénomenes psychologiques et physiologiques les actions et les réactions, les assimilations et les désassimilations . . . . . . L'élément irréductible à l'analyse est la sensation, laquelle est une modification de cette activité appétitive qui constitue la vie. La sensation est un changement reçu du dehors, et tout processus sensoriel est en même temps émotionnel et moteur. Avec la joie et la souffrance, résultats de la sensation, - l'aversion et le désir, résultats de l'impression ressentie par le cerveau, on a les quatre passions fondamentales dont le mélange suffit à rendre compte de toutes les autres, - et dont l'expression engendre également les actions et les réactions, les combinaisons les plus complexes de la mentalité et de la volonté. Physiologiquement nous voulons dire que l'étude de la substance nerveuse, notamment des nerfs sensori-moteurs con firme cette opinion. Le spectre solaire a ses trois couleurs fondamentales; le spectre mental a ses trois aspects irré<lucti bles : 1 ° la sensation, qui est la man iere spéciale dont la conscience cérébrale est modifiée ; 2° l'émotion agréable ou pénible ; ) 0 l'appétition aperceptine et motrice (désir intelligent), qui est la maniere originale dont la conscience réagit pour imprimer sa direction propre aux mouvements organiques. Q!1ant à la pensé~ supérieure, c'est un précipité de désirs elle tst issue d'appé:itions et tend à des appétitions.
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