La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

REVUE DES LIVRES récit de la fête du 14 juillet 1880, la première après le retour des revenants de la Commune; - et, par dessus tout, l'esprit de désintéressement, de sacrifice, de pitié, de bonté, de solidarité, qui imprègne tout ce livre, - dont il font rechercher la filiation littéraire chez les écrivains du xv11•et du xv111• siècle et la filiation sociale dans les formulations socialistes des penseurs co11ectivistes et des révolutionnaires français. L'auteur a cherché tous ses effets dans la simplicité variée du concept et dans le naturel du récit. 11 ne nous donne pas l'impression des efforts accomplis pour la producti"on de son œuvre, mais celle d'un passe-temps qui lui fut facile, autant qu'il nous est d'agréable lecture. L'on a reproché à la Couversiou d'A11dré Savmay d'être un roman à thèse. Nous ne comprenons pas trop ce reproche, car en littérature, tous les genres sont bons, pourvu que l'œuvre soit bonne. Aujourd'hui, que vont dire les censeurs? Pas de thèse en effet dans ce descriptif roman d'Un Exilé. Si de ce pur roman de mœurs il se dégage une perpétue11e leçon de morale pratique et politique, individuelle et sociale, qui oserait s'en plaindre? L'écriv:iin n'estil pas libre de répandre dans ses œuvres le parfum qu'il préfère? Bref, les épisodes se suivent, avec un grand bonheur d'expression, apportant toutes une idée heureuse, une di,straction saine, une foi robuste, qui font comprendre que l'auteur ne considère pas son art comme un métier dont il vit, mais surtout comme une mission qu'il doit remplir. Cette mission n'est pas de pénétrer dans le monde des « gens très bien », à la façon de M. Constans, c'.est-à-dire en épousant leurs préjugés, leurs rancunes et leurs préventions, mais en leur montrant, sur le terrain littéraire, comme Millerand, Jaurès et tutti q11a11ti le prouvent sur le terrain politique, que les socialistes sont aussi des gens très bien, et parce que très bien, ils estiment que la réforme ou la révolution sociale est le devoir et la raison d'ètre de la République. En terminant, que l'on me permette de rendre encore une fois hommage à l'émotion communicative de ce livre, 11 cette mélancolie sans amertume qui chante entre les pages et a je ne sais quel p:trfum d'adorable intimité. La Chanson Panthéiste, par Marc AMAN1Eux-. Librairie Ollendorf, 18 bis, rue de Richelieu ; et aux bureaux de la Rtvuc Socialiste. - Prix : 5 francs. Dans le bourdo"nnement de la foule occupée Près des hommes d"argent, de charrue et d0 épée, Sous !"indifférence ou l'affront, Parfois on voit passer, majestés méconnues, Des songeurs qui, pareils aux sommets dans les nues, Ont un voile de brume au front. M. Marc Amanieux est de ces sympathiques songeurs. Malheureusement -'CS vers (« Barkahoum » - « La Vie aimante » - « Le Petit Josie( » - « La

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