118 LA REVUE SOCIALISTE tort de vouloir former l'esprit de ses élèves au lieu de graver leur mémoire? De plus ne venait-il pas de donner gratuitement à une Revue une étude à tendances socialistes? ..... René essaie de placer des romans, des nouvelles. Les éditeurs, il faut les payer. ~tant aux directeurs de revues ou de journaux, ils ne veulent pas de sa prose trop «suisse». ~1e diable! Il faut des épices dans l'épicerie littéraire! Et René qui respecte sa plume, estime qu'il n'y a pas que le laid de réel. Outre l'avo.cat-journal iste, Phi Iin te Peyrade, René a deux autres amis, Cayrolaz et Verdier, amnistiés eux aussi, retour d'Amérique et de Russie, après avoir vécu quelque temps en Suisse, Olt ils avaient présenté René à Courbet. - Verdier, personnage très bien campé, est devenu un assidu discoureur révolutionnaire de réunions publiques. René ne le suit pas dans cette voie, car, malgré tout, il a foi à la raison persuasive et au suffrage universel. Mais s'il répugne 11 la logique et à devenir un violent, il répugne davantage encore aux basses compromission, d'un Cayrolaz, journaliste à tout faire, les sales gaudrioles comme les articles venimeux. Cependant René est forcé d'accepter une partie des offres de ce pauvre vendu plus à plaindre qu'à blâmer, - et il entre à l'!111partial pour y manier les ciseaux. Sa situation de début s'améliore de jvur en jour; il avait enfin trouvé le joint pour se garder honnête dans un milieu aus~i sceptique, aussi sophiste. Mais un jour le directeur le charge d'écrire une série d'articles contre un établissement financier. Les articles ont du succès. Le chantage réussit et le directeur fut« éclairé». René, invité à ne pas continuer ses naïfs articles de vertueuse indignation, donna sa démission <:!11 une lettre très fière, laquelle ne fut pas insérée, mais commentée de si venimeuse façon par le vendu Cayrolaz, que c'était René qui apparaissait maitre chanteur. D'oLt duel et mort de René. Entre le duel et la mort, l'inoubliable retour d'Annette, devenue veuve et libre, ramenée à René par son frère H.;:nri, qui n'avait pas cessé d'entretenir de très sympathiques 1elations avec son ancien maître du collége de Vevey. « La destinée toujours ironique avait dit à ses désirs de bonheur: Trop « tard! comme elle avait dit à ses aspirations de justice: Trop tôt! » Arrivé au terme de cette rapide analyse, nous en sommes mécontent, car nous n'avons pas su faire revivre, ni les idées, ni l'admirable style de l'auteur, et nous avons passé sous silence de bien remarquables passages : la mélanco- \ ique description des lacs et des montagnes de la Suisse, « si heureuse et si calme, et des grands exemples de sage hardiesse qu'elle donne à la démocratie européenne »; - l'antithése formée par les deux mères, Mm• Roveray et la toute bonne Mm"Messant; - les vues sur l'éducation; - le mépris de ce mouvement vers l'étrange et l'incompréhensible que quelques-uns ont indiqué dans l'impuissance Olt ils étaient de concevoir et de rendre avec netteté; la flétrissure de cette besogne stérile qui consiste, sous prétexte de psychologie, à avoir l'air de faire du grand en posant le problème inutile où ils s'agit c!e couper des cheveux en quatre, et qui au fond est l'insipide et niaise production des détraqués ou des fumistes; - la peinture indignée de Paris après la r?faite de la Commune; l'odyssée de quelques-uns de ses exilés; - l'épique
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