La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

106 LA REVUE SOCIALISTE balcons sont disposées les chambres à coucher. Chacun a sa chambre, appelée c11birn!tt111, de 7 pieds sur 4 pieds, possèdant un lit avec sommier et matelas, une petite fenêtre et un coffre pour les vêtements, chauffée par une bouche de chaleur, fermable à volonté. Et le prix de tous ces conforts, inconnus non seulement dans les garnis privés mais encore dans la majorité des logements ouvriers, est de 50 cent. par jour. Aussi le bâtiment municipal a-t-il tous les soirs toutes ses chambres occupées et nombre de malheureux ne peuvent y entrer, faute de place. Le conseil se propose d'ériger l'année prochaine sur un terrain attenant, un bâtiment semblable pour l'usage exclusif des femmes, le bâtiment actuel étant résuvé à l'usage des hommes seulement. Ce garni municipal est généralement désigné sous le nom Doss Ho11se, du mot argot doss qui veut dire dormir, et IJousse (maison). Les locataires sont appelés dossers. Un dosser de ce garni municipal a donné à un interviewer d'un journal de Londres, la liste suivante de son menu quotidien : déjeuner du matin ; pain 5 cent., hareng frais 5 cent., thé, sucre et lait 12 cent. et demi ; diner : ragoùt, pommes de terre et oignons 30 cent. ; collation: pain 5 cent., 2 harengs salés I o cent. Total: 65 centimes. A ce sujet, M. Labouchère, député radical de Northampton, a envoyé à un journal la réflexion suivante: <, En lisant ceci, il me semble que le conseil municipal ferait une œuvre des plus utiles, en ouvrant des boutiques municipales dans lesquelles des provisions d'une nature semblable à celles énuméréès plus haut pourraient être obtenues aux mêmes prix, pour être conssommées sur place ou être emportées. Si vous admettez un garni avec une boutique de provisions, pourquoi pas une boutique de provi~ions sans garni?» Notez que M. Labouchère ne se dit pas socialiste, mais la mesure qu'il propose est une mesure socialiste, qui, poussée dans ses conséquences logiques, aboutirait à ce que les socialistes demandent,c'est-à-dire la municipalisatisn du commerce et de l'industrie. Jvfagistrats ouvriers. - Dernièrement à la Chambre des communes, M. Asquith, le sympathique ministre de l'intérieur, a donné quelques détails sur la nomination (si déplaisante aux Tories) de magistrats ouniers par le présent lord Cballcellor. Rien qu'en Angleterre, plus de 100 ouvriers ont été récemment élevés à la dignité de magistrats, équivalente à celle de nos juges de paix. La même mesure a été prise en Ecosse. C'est là un fait qui témoigne de la bonne intention du gouvernement libéral et qui sera fort probablement étendu de façon à rendre réellement démocratique la magistrature communale depuis trop longtemps exercée par les grands propriétaires, les hobereaux et les clergymen.

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