La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

MOUVEMENT SOCIAL s'entendre avec les patrons et les ouvriers pour constituer un conseil d'arbitrage, composé de représentants des deux partis; .3• Des rapports seront publiés sur ces conseils et soumis au Parlement. La Labour Gazette. - Pour un penny, tout ouvrier peut se mettre au courant, chaque mois, de toutes les conditions du travail, que relatent les 24 pages mensuelles du « journal du travail », publié par les soins du département du travail, récemment créé par le ministère Gladstone. Voilà un exemple que nous recommandons à l'inutile Office du travail français, qui oublie de mettre à la portée de tous, de démocratiser la science statistique pour laquelle il est censé fonctionner. De notre correspondant Jules Magny : Le premier «garni» 111u,11icipàalLo11dres. - Les « garnis » de Londres sont sous la surveillance du gouvernement pour ce qui regarde leur état sanitaire. Généralement ces maisons, qui rapportent à l'entreprise privée un assez beau revenu, sont d'une malproprté repoussante et n'offrent à leurs malheureux locataires, trop pauvres pour pouvoir protester efficacement, qu'une accommodation très insuffisante. Le Conseil municipal de Londres, qui a des tendances sociales très prononcées, a pensé qu'il y avait fort à faire de ce côté, et, s'inspirant de ce qui existe à· Glasgow depuis des années, a fait ériger dans le pauvre quartier de Drury Lane une grande maison meublée, assez spacieuse pour loger 375 hommes. Ce bâtiment a été inauguré le 28 janvier dernier et a coùté 5 12. 500 francs. Les mesures les plus efficaces, surveillées par le sympathique conseiller municipal et député John Burns, ont été prises pour assurer aux locataires la propreté, l'état sanitaire, le confort, la chaleur et la lumière (électrique s'il vous plaît). La spacieuse salle de récréation contient des tables, des bancs, des journaux, une bibliothèque 1 .ooo volumes et une estrade où aux accords d'un piano (don de Lord Cornpto, conseiller municipal) des chanteurs improvisés charment le samedi soir leurs compagnons d'infortune. li y a aussi un grand réfectoire et une cuisine attenante où les locataires peuvent faire c.uire leur repas. L'usage des instruments de cuisine est gratuit. La nourriture est vendue, à prix presque coùtant, dans un buffet voisin ; les boissons alcooliques n'entrent pas dans l'établissement, ce qui évite i'ivrognerie. Il y a une salle de désinfection pour les vêtements, un lavoir où chacun peut laver son linge, un cabinet de séchage, une chambre pour repasser le linge, une série de bassins creusés dans le sol pour le lavage des pieds, deux salles de bains, deux douches, des casiers fermant à clé pour déposer les vêtements, etc. Sur les trois côtés d'une grande cour où règnent trois étages de

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