APPEL AUX PAYSA~S -, plé2r au déficit? Il faudrait créer des impèts nouveaux, et la majorité du pays en a plus qu'assez. Venant faire appel aux paysans. nous ne pouvons cependant nous présenter devant eux la bouche muette et les mains vides. Sollicitant leurs suffrages, il faut leur prouver que nous les méritons, que leurs intérêts nous sont aussi chers que ceux des ouvriers, et pour cela leur proposer des réformes qu'ils nous croient capables de réaliser à bref délai et où ils voient pour eux-mêmes des avélntages immédiats et certains. Tel est le problême que nous avons à résoudre. IV Il n'est pas beaucoup d'articles, dans le programme socialiste courant, qui présentent ces caractères éminemment pratiques. Presque toutes les réformes qu'il propose sont trop compréhensives. exigent trop de destructions préalables, et sont tellement solidaires l.:.s uns des autres qu'elles paraissent ne pouvoir être réalisées qu'en bloc. Combien, mème avec une Chambre favorable, pourraient espéreï de se voir adopter par le Sénat? Bien peu, sans doute, mais il en est pourtant quelques-unes. Ces réformes, que j'appelle transitoires, ne sont pas nécessairement liées avec \'ensemble du système et sous tous les régimes elles sont susceptibles de réalisation: cell~ que nous avons en vue est de ce nombre. Elle échapp~ aux objection.,. qu'on fait d'ordinaire à toutes les mesures d'utilité générale qui l~s~nt plus ou moins certains intérets particuliers. Cette reforme ne diminuera pas le revenu de l'Etat d'un centime, la commission du budget n'aura pas a s'en occuper, elle ne comporte pas plus de recettes que de dépenses. Elle ne nécessitera mème pas \'augmentation d'un employé dans un ministère ou une administration quelconque .. \ucun agent public ou prin: n'aura besoin d'_y intervenir. elle s'appliquera toute seule. Et pourtant, non-seulement son heureux effd se fera ressentir jusqu'au fond du hameau le plus retiré, mais encore elk sera accueillie avec joie dans toutes les classes de la société. Celle qu'elle touchera le moins, c'est la classe ouvrière que sa situation economique païticulière en fera bénéficier plus médiocrei11ent que les autres. Serait-ce à dire qu'elle ne lésern aucun intérêt et que tout le monde s'en trouvera satisfait? Oh! non. nous ne poussons pas la prétention jusque là. Bien des gens seront blessés et crieront. Mais comme ils sont les moins nombreux et les moins intéressants dans la nati0n, que d'ailleurs leur blessure ne sera ni inguérissal;Jle, ni très prnfonde, nous passons outre; car il est de droit. en ce temps de suffrage universel, que la majorité impose sa YO!onté et fasse prévaloir ses intérêts. Et le moyen est si simple, si sùr, si facile à employer! Il n'est rnème
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