La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

MOUVEMENT SOCIAL 101 gâteraient cette excellente réplique aux calomnies de la presse offlc1euse. le Conseil national du Parti ouvrier aux trœi:aillcurs de Fra11ce Camarades, Dans leur rage impuissante contre la ma1che ascendante du Parti ouvrier, nos adversaires de classe ont recours à la st.ulc arme qui leur reste: la calomnie. lis sont en train de dénaturer notre internationalisme, comme ils ont essayé de dénatui·er notre socialisme. Et bien que ceux qui affectent de nous représenter comme des sa11s-patrfr soient les mêmes hommes qui, depuis un siècle, n'ont su que faire envahir et démembrer la patrie, livrée par leur classe au banditisme de la finance cosmopolite et exploitée jusqu'au sang de la Ricamarie et de Fourmies, pas plus que nous ne leur avons permis de confondre la solution collectiviste av<:!c l'anarchie, cette caricature de l'individualisme bourgeois, nous ne laisserons traduire notre glorieux cri de: vi,•e /'illfrruatio11alc .' par l'inepte hoquet de : à !;,as la Fra11ct! .' Non, l'internationalisme n'est ni l'abaissement ni le sacrifice de la patrie. Les patries, lorsqu'elles se sont constituées, ont été une première et nécessaire étape vers l'unité humaine à laquelle nous tendons et dont l'internationalisme, engendré par toute la civilisation moderne, représente une nouvelle étape aussi inéluct::ible. Et èe même que la patrie française ne s'est pas organisée contre les différentes provinces qu'elle arrachait à un antagonisme caduc pour les solidariser, mais en leur faveur et pour leur plus libre et large vie, de mème la partie humaine que réclame l'état social de la production, de l'éch::inge et de la science, ne s'opère pas, ne peut pas s'opérer aux dépens des nations de l'heure présente, mais à leur bénéfice et pour leur développement supérieur. On ne cesse pas d'ètre patriote en entrant dans la voie internationale qui s'impose au complet épanouissement de l'humanité, pas plus qu'on ne cessait à la fin du siècle dernier d'être Provençal, Bourguignon, Flamand ou Breton. en devenant français. Les internationalistes peuvent se dire, au contraire, lesseulspatriotes, parce qu'ils sont les seuls à se rendre compte des conditions agrandies dans lesquelles peuvent et doivent être assurés l'avenir et la grandeur de la patrie, de toute~ les patries, d'antagoniques devenues solidaires. En criant: « Vive l'Internationale! » ils crient:« Vive la Fr::ince du Travail ! » vive la mission historique du prolétariat français qui ne peut s'affranchir qu'en aidant à l'affranchissement du prolétariat universel. Les socialistes français sont encore patriotes à un autre point de vue et pour d'autres raisons: parce que la France a été dans le passé et est destinée à être, dès maintenant, un des facteurs les plus importants de l'évolution sociale de notre espèce. Nous voulons donc - et ne pouvons pas ne pas vouloir - une France grande et forte, capable de défendre sa République contre les monarchies coalisées et capable de protéger son prochain 89 ouvrier contre une coalition au moins éventuelle de l'Europe capitaliste. C'est la France qui, avec Pabeuf, Fourier et Saint-Simon, a commencé

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==