100 LA REVUE SOCIALISTE plinaires que M. Guérin vient de lui intenter devant le Conseil de !'Ordre des Avocats. Cette condamnation fit l'objet d'un article publié par le Trnvailleitr Picard où, sous la signature du citoyen Vérecque, il était dit: " qu'il faudrait coller la plaidoirie de Viviani, dans le dos du ministère public. 1> Pèu spirituellement poursuivi pour offenses envers le procureur de la République, Vérecque fut condamné à un mois de prison et à la réparation prévue par l'art. 226, ainsi conçu : " L'offenseur pourra être, outre l'emprisonnement, condamné à ,< faire réparation soit, à la première audience, soit par écrit, et le temps "de l'emprisonnement prononcé contre lui, ne sera compté q u'à partir " du jour où la réparation aura lieu. » Le citoyen Vérecque répondit très spirituellement par écrit, et pour souligner sa réparation, il alla, vêtu d'une chemise, corde au cou, un cierge à la main, sous le porche de la cathédrale, lire la réplique réparative qu'il adressait au procureur. - On en rit encore à Amiens, - et un peu à la Chambre où Millerand a demandé l'abrogation pure et simple, de cette grotesque survivance. L'Affi1irt1 Savicki.- Savicki, réfugié russe, s'était suicidé en recommandant expressément de brùler des papiers compromettants pour quelques personnes résidant en Russie. D'après la convention francorusse de 18j4. au cas où les héritiers du défunt sont mineurs, incapables ou défunts, c'est l'Etat, représenté par l'ambassadeur, qui est seul héritier. Or. en l'espèce. il existait une grand'mère. qui revendiqua la succession et la remise des papiers, et eut gain de cause en référé. L'ambassadeur se pourvut en appel, et finalement eut le droit de s'emparer des papiers de Savicki. Tant pis pour les révolutionnaires cosmopolites qui croient encore que la Fra'1ce est toujours pour eux ce qu'étaient au moyen âg-! les églises. li y a décid~ment trop d'ombres au tableau. Et une fois de plus, le conseil municipal de Paris a bien mérité de la République en émettant le vœu que toutes les conventions et traités portant atteinte au droit d'asile soient annulés, et que tout le territoire de la République française soit déclaré terre de refuge pour tous les hommes qui ont été mêlés aux luttes politiques de leur p1ys. Nos chaleureux compliments à Zimmer et à notre ami Jullien, les deux courageux étudiants qui ont été accusés d'avoir essayé de reprendre les papiers politiques de Savicki, en brisant les scellés apposés, et viennent d'être acquittés par la même chambre correctionnelle qui précédemment a déjà donné une leçon au gouvernement et mérite des applaudissements pour son jugement relatif aux poursuites politiques du 1°' mai. Patriotisme et lntemationa-1:sme.- Nous ne saurions mieux dire que le manifeste ci-dessous. Nous le publions donc sans commentaires qui
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