102 LA REVUE SOCIALISTE l'élaboration des idées socialistes auxquelles Marx d Engels ont apporté leur couronnement scientifique. C'est la Fr:111ccqui, après avoir déchainé sur le monde la Révolution bourgeoise, préface indispensable de la Révolution prolétarienne, a été le grand champ de bataille de la lutte d,• classe, mettant sans compter au service de la rédemption du travail ses héroïques insurgés de Lyon , 1832, et de Paris 1848 et 187 1. C'est la France qui, bien que décimée par les massacres versai\ lais, relevait, t!n 1889, dans son immortel Congrès de Paris, le drapeau de l'Internationale tombé dan~ son ~1roµre sang et initiait les Premier-Mai; c'est elle qui, la première, plantait sur les hotels de ville enlevés à coups de bulletins de vote, le rouge drapeau du prolétariat en marche vers la conquète du pouvoir politique. Et c'est parce que son passé révolutionnair_e répondde son avenir socialiste que, lorsqu'elle s·est trouvée en péril, il y a vingt-trois ans, elle a vu accourir pour sa défense sous les plis du drape:iu tricolore, les internationalistes cl'ltalie, d'Espagne et d'ailleurs, pendant que la naissante démocratie socialiste allemande se mettait. au péril de sa liberté, en travers d'un démembrement aussi imbécile que criminel. Mais, parce que nous sommes patriotes nous ne voulons pas cle la guerre qui, heureuse ou malheureuse, ne saurait aboutir qu'à des désastres sans exemples, ét:int donnés les millions d'hommes précipités sur le champ de bataille et l'outillage de mort dont ils seront armés. Nous ne voulons pas de la guerre qui, quelle que soit son issue, ne ferait, contre l'Occident épuisé, que le jeu de la barbarie asiatique représentee par le tzarisme russe. Nous voulons la paix, la paix à outrance, parce qu'elle travaille pour nous d contre la domination capitaliste et gouvernementale qu'il s'agit d'aneantir et qui ne peut prolonger sa misérable et néfaste existence que par la division et l'entr'égo1ge111ent des peuples. Nous voulons la paix, parce que J"ordre bourgeois est condamné à en mourir. Et maintenant que nous avons établi comment loin de s'exclure, patriotisme et internationalisme ne sont que deux formes, se complétant du mème amour de l'humanité, nous répétons bien haut 1t la face de nos calomniateurs : Oui, le Parti ouvrier français ne fait qu'un avec la démocratie socialiste allemande contre l'empire d'Allemagne. Oui, le Parti ouvrier français ne fait qu'un avec le parti ouvrier belge contre la monarchie bourgeoise des Cobourg. Oui, le Parti ouvrier français ne fait qu'un avec les travailleurs et les socialistes d 'ltal ie contre la monarchie de Savoie. Oui, le parti ouvrier français ne fait qu'un avec le jeune et déjà si puissant parti du travail d'Outre-Manche contre le constitutionalisme oligarchique et capitaliste d'Angleterre. Oui, nous ne faisons et nous conti 11 uerons tai res des deux mondes contre les classes partout. à ne faire qu'un avec les prolédirigeantes et possédantes de Et nous comptons sur nos camarades français, sur le peuple de l'atelier et
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