94 LA REVUE SOCIALISTE la misère des classes ouvrières, c'est l'abus du tabac et de la bière. »· Voilà la quintessence de leur philosophie sociale. L'union des libres-penseurs. -Ils en tiennent pour les maximes de l'école de Manchester et sont les ennemis déterminés de toute politique vraiment sociale. Le parti du peuple du Sud. - Il est comme le parti progressiste, l'adversaire de tout mouvement ouvrier. Sur ce point, les deux freres ennemis Rickert et Richter se donnent la main. Le parti du Ce11tre. - Il s'est invariablement prononcé contre la journée normale de travail et contre toutes les mesures à tendance socialiste. Les antisémites. - Ils inscrivent sur leur programme un grand nombre de réformes sociales. Mais leur agitation est exclusive. Ils soulèvent les petites passions du petit commerce, de la peti~e industrie, des petits propriétaires contre le moloch juif. Mais ils ne font rien pour la vaste masse des travailleurs sans distinction. Les social-démocrates. - Ils opposent seuls, à tous ces partis indécis, un programme ferme : c'est le programme du parti ouvrier international. Le Yale Rev:ew de Boston, livraison de mai, contient, entre autres articles, l'individualisme comme principe sociologique, d'E. Benjamin Andrews, « l'histoire naturelle des partis>', d'Anson, D. Morse. E. Benjamin Andrews soumet à une rigoureuse et humoristique critique le régime du laissez faire>>.« Nous nions, dit-il en terminant, « que l'ordre prétendu du laissez faire soit nécessairement juste ou « moral. Nous nions qu'il soit le mieux calculé pour assurer l'acquisi- « tion et la distribution de la richesse. Une distribution mécanique, se « faisant par la force des choses, sans gouvernement et sans guide, ne « peut aboutir à la justice. Tenter de réduire l'Etat à la police est « absurde. La question appropriée aux besoins modernes n'est pas : « Qpe doit naturellement faire le gouvernement?» mais : « Que doit « rationnellement faire le gouvernement? » La seule réponse est qu'il « doit faire en tout temps et en tout lieu tout ce que la véritable et per- « manente prospérité de la société exige qu'il fasse. L'Etat est socia- « liste ou n'est pas. >> Anson, D. Morse, dans son « Histoire naturelle des partis>', donne une très curieuse théorie de l'évolution des partis politiques. Ces excellentes pages de philosophie politique mériteraient d'être traduites en entier. Retenons ce résumé de la succession des partis dans les EtatsUnis d'Amérique. « Dans l'histoire des Etats-Unis il y a quatre périodes, « dont chacune est marquée par l'apparition de nouveaux partis. La « premi~re période commence à peu près à la fin de la Révolution et se
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