La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

REVUE DE LA PRESSE ~TRANG~RE 95 « termine à la seconde administration de Washington. Elle donna nais- « sance à deux partis : les Fédéralistes et les Républicains, ou, comme « on l'appela plus tard, le parti démocrate-républicain. La seconde « période comprend les années de 1820, au commencement de la se- <<" Conde administration de Jackson en 1833. Dans cet intervalle s'orga- " nisèrent le parti antimasonique et le parti national-républicain ou « whig. La troisième période commence en 1840, avec la première « apparition du parti de la liberté, dans une campagne présidentielle, « et se termine avec la rupture formelle du parti démocratique en 1860. « Pour s'ajouter au parti de la liberté ces mêmes années furent les té- « moins de la naissance des ,, Know-Nothings » _(l'expression est in- » traduisible) et des républicains modernes. La quatrième période com- « mence en 1876 et n'est pas encore close; jusqu'ici elle a donné nais- « sance aux partis suivants : les,< greenback ", le parti du travail, le « parti de la prohibition, le parti du peuple. '> L'auteur fait l'histoire naturelle de ces divers organismes politiques en suivant méthodiquement l'ordre suivant : 1 Origine du parti; 2 le parti avant son avènement au pouvoir; 3 le parti au pouvoir; 4 le parti à l'opr,osition; 5 la dissolution du parti. Dans la Scuola Positiva, livraison de fin mai, un article de G. Tarde, sur la dernière statistique criminelle en France, la préméditation générique et la préméditation spécifique d'A. Zerboglio, \'anatomie morale de l'homicide d'E. Ferri. A propos d'un procès récent et retentissant (il s'agit d'un prêteur qui a tué sa femme), E. Ferri tire les conclusions suivantes sur la réforme du droit pénal. <, La conclusion est encore et ,< toujours la même et la seule; à savoir que la justice pénale telle ,< qu'elle est réglée à l'heure qu'il est, ne peut marcher; elle est deve- « nue un vrai jeu de hasard, et par là même, elle est une cause conti- ,< nue de démoralisation. Cela, selon moi, ne dépend pas du mauvais « vouloir de celui qui, juge ou juré, administre la justice; mais c'est « l'effet inévitable de cette période critique de transition et d'incerti- « tude, dans la conscience publique comme dans les lois, entre le vieux « et le nouveau, entre les idées traditionnelles et les nouvelles don- « nées de la science. Et c'est seulement avec une logique et coura- « geuse application de la science que la justice humaine pourra corri- « ger ses erreurs et ses périls. Le procès pénal doit cesser d'être une « théâtrale et romantique exposition d'aventures pour devenir une « œuvre rigoureuse de diagnose scientifique ayant pour but de dé- « fendre la société contre les hommes anormaux, sans torture stupide « de prison cellulaire, mais aussi sans libération imprudente, avec la « seule rélégation dans une colonie agricole des hommes périlleux « pour la société, tant que d~1releur pouvoir off~nsif. »

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