La Revue socialiste - 1893 - Tome XVIII - vol 02

REVUE DF. LA PRESSE ÉTRANGÈRE 93 constatation ne résout pas, ne pose même pas en termes clairs, le problème de la misère et de la pros:i~:.ition. Dites donc du premi ...r co~p que les deux ne font qu'un. Ce sera plus simple. Un peu de statistique électorale en Allemagne: ( 1) Aux dernières élections génér~les pour le Reichstag, en 1890, les social-démocrates ont eu 1,427,298 voix, soit 20 o/o des voix totales et 100,000 voix de plus que tout autre parti. 280 social-démocrates ont été élus. On estime le nombre des sièges à obtenir par les socialistes aux élections actuelles ainsi qu'il suit : 397 assurés, 119 probables. Telles sont du moins les pronostics du Ti111cs. Nous n'avons encore reçu, à l'heure où nous écr,ivons ces lignes, que les résultats du premier tour. Ils se décomposent ainsi : conservateurs, 49; membres du parti de l'Empire. 1 1; nationaux libéraux, 1 5: centre, 81; progressistes dissidents, 3; socialistes, 24; polonais, 12; antisémites, J; alsaciens-lorrains.9: danois, 1 ; sauvages-indépendants, 'i. Il ne serait pas inutile de donner la définition de ces partis. Mais cela n'est pas aisé, ce sont souvent des étiquettes vagues. On ne s'accorde même pas sur les noms. Le mieux est encore de s'adresser aux Allemands eux-mêmes pour avoir la définition des plus importantes rubriques. Voici comment le Volksti11111u: de Magdebourg en caractérise quelques-unes : Les conservateurs. - Dans leur programme de parti du 8 décembre 1892, la politique proprement sociale tient peu de place. C'est un programme négatif; lutte contre la soci31-démocratie comme ennemie naturelle de l'ordre de choses actuel. Les socialistes-chrétiens. - Ils sont sympathiques à quelques réformes d'ordre coopératif, mais pas de déclaration de guerre à l'ordre actuel, pas de sentence de mort. Les conservateurs libéraux ou progressistes (nuance Richter). - Ile veulent la limitation du droit de coalition et des lois d'exception contrs l'agitation des social-çlémocrates. Richter écrivait dernièrement ces étonnantes maximes : ,< Ce n'est ni l'insalubrité du travail des manufactures, ni de trop nombreuses heures de travail, ni de trop mauvaises conditions de vie, ni le manque même de travail qui perpétuent (1). Sur le résultat définitif des élections, ainsi après la mise en page de ce numéro, on trouvera dans la prochaine Revue de la presse étra11gere, un tableau synoptique, avec expl:cation des termes de « Partis » empruntés aux journau,~ allemands euxtnèmes.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==