La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

81 LA REVUE SOCIALISTE est chang-é et que lorsqu'on vit dans une maison de verre il est dangereux de jeter des pierres aux autres. Il acceptera la dot. Sartorius fait part de cette nouvelle à sa fille qui rentre à ce moment. :\fais cellr-ci, au lieu de s'en réjouir s·en irrite, accusant son fianct; de la prendre pour son argent. Le père tàche de la persuader, mais elle s'entête et déclare qu'elle rompt l'engagement. Elle câline son père et le décide à congédier sur le champ le tcrgi vcrsan t amoureux. Le troisième et dernier acte se passe dans le salon de Sartorius. Plusieurs mois se sont écoulés. Blanche malgré tout aime Trench, mais ne veut pas se l'avouer. Elle est devenue morose. Son pèrC'essaye de l'entretenir ùe 'l'rench mais elle se sauve, ne voulant pas entendre parler de lui. A peine est-elle partie que la bonne vient annoncer la visite de M. Lickchcese, l'ancien commis de Sartorius. Celui-ci suppose d'abord que le malheureux quïl a cha sé de chez lui y revient pour mendier; mais quel n'est pas son étonnement lorsqu'il voit entrer un personnage en pardessus fourré, ganté, canne à la main, grosse chaine d"or brimballantc, tiré à quatre épingles, un vrai type vulgaire de « gentleman de la Cité», aussi insolemment fanfaron et dégagé qu'il était abjectement ~oumis et timide à !"acte prt'.,cédent. Transformation complète. ~on, il ne vient pas demander raumùne à son anciC'npatron: il vient tout au contraire lui proposer une bonne affaire, une affaire d\.·xpropriation. Il ne lui en ,,eut pas à ce cher Sartorius pour l'avoir chassé de chez lui; bien mieux, il lui en est rC'connaissant, car cette mise en disponibilité a été le premier jalon de sa fortune présente. Comme Sartorius lui en demande la source,Lickcheese explique que dernièrement a siégé une Commission royale relative aux logements insalubres des pauvres et qu·un « livre bleu>>contenant lrs traYaux de cette Commission viC'nt de paraitre. Dans cc livre qu'il met sou,; les yeux de Sartorius, ce dernier y est qualifié du « pire propriétaire de bouges >J.Oh ! que Sartorius se rassure, Cû n est pas lui, LickcheC'se, qui a déposé contre son anden patron, mais cc damné clergyman qui était venu visiter l'immC'nble. Xon, Lickcheese a été plus malin que d'aller déposer devant la Commission. Il s'est tu, mais il s'est fait acheter son silence il beaux deniers comptants par d'aut~es propriétaires situés dans le mème cas que Sartorius et il est devenu à son tour un sweatel', un slum lrmdlorcl, c'est-à-dire acquéreur d'un bloc de ses maisons délabrées qui produisent un si bon revenu. l\Iais ce n'est pas tout, l'appétit vient en mangeant. Il est intrigant, il a du flair, et il a appris que la uouvelle avenue que doit percer le Conseil municipal de Londres doit traverser son immeuble;

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