La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

82 LA REYUE SOCIALISTE le sac d'argent qu'il a déposé sur la table. Il ajoute qu'un clergyman qui a Yisité les maisons lui a fait de vives remonkanccs sur leur état sordide et délabré, menaçant d'en dénoncr:r lf' propriétaire aux autorités locales. Après une sortie contre l'ingérence de l'homme d'église dans ses affaires privées, Sartorius <lemande au commis ù voir son livre de recettes et dépenses cl remarquant une dcpense dC' trente francs pour réparation d'un escalier, il entre en colère conirc cc qu'il appelle un gaspillage. Lickcheese (c'est le nom du commis) a bean dire que cette réparation était absolument nécessaire puisque le mauvais état de l'escalier avait causé la chutr de deux: locataires et qu'une poursuite de l'om: cier sanitaire !'.•taitimminente, Sartorius est sourd ù ces considérations, et, se rappelant qne son commis lui a dit en entrallt a\'Oir ca~1:,éavec 'l'rench et Cockane, dans le trajet de la gare à la maison, une idée que son commis a pu le noircir auprès d'eux s·empare de lui, et sur le champ, lui déclare que puisque cette fois est la troisième qu'il a transgressé ses ordres formels, lui, Sartorius, ne veut plus longtemps tolérer cette désobéissance, et qu'il le congédie. Ce renvoi subit atterre Lickcheese. La persprcth·e de sa femme ci de ses enfant~ manquant de pain le fait snpplier son patron de revenir sur sa dédsion; il parle pathétiquement de la dureté de son métier de collecteur, de la misl•re abjecte des locataires, de l'àprcté qu'il a mise ù senir les intérèls de son patron, offre mèmc de payer l'excédent des dépenses, mais rien n'y fait, Sartorins est inflexible. A ce moment entrent Je docteur Trench et son ami Cockane. CongI"atulations. Le premier apport(' la réponse favorable de sa tantr, rt 8artoriu~, oublienx dr la présence de Lickcheese, sort pour aller porlt'r la bonne nouYellr à sa tille. A peine est-il parti que le commis s'adres c au docteur et le supplie d'intercéder en sa fa1·e11t·C. elni-ci refusant, le commis insiste, comme un naufragé qui se raccroche désespérémrnt ù une épave, et dévoile anx deux amis la sonrcc impure rt cruelle de la grande fortune de 8artori11s. Il <'xpliq11cque son patron est ut1 pharisien, sous-propriétaire dt' nombreux: bouges lamentablement délabrés dans les bas quartiers d(' St-Oi/e's et de Clerlœnicell; qu'il les loue tri's <"herpar chambre et mèmc par fraction de chambre ù des mist'.•rables qui n'osent eL ne peuvent se plaindre et tire ainsi d'eux: u11 opulent reven11 qui lui permet d'avoir le splendide hôtel qu'il habite et ùon n('r une riche <lotù sa fi lie. Srirlorius rentre, en teu<l 1,,s dernières paroles de son commis et le chasse immédiatement. .\lais les révt'.•lations que Trench a ('Dtendu ont fait vibrer en ]ni la fibre <Ir•la compassion. Il u·arnit jamais songé qu·on pût s'enrichir de la sorle. Il épousera Blanche qu'il aime et qu'il

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