La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

80 LA. REVUE SOCIALISTE UnDramSeocialistseurla ScèneAnglaise Sous le titre de lVid?wers' nouses, suggéré par un verset identique des érnngiles de Matthieu, Marc et Luc, Bernard Shaw a fait représenter le 9 décembre, au Théùtre Indépendant de Londres (une imitation du Thl:àtre-Libre d'Antoine) une pièce qui a soulevé parmi les critiques dramatiques anglais beaucoup plus de Llàmes que d'éloges. Et si les drames d'Ibscn n'avaient pas été joués l'année dernière au même théàtre, il est probable que !a condamnation de la pièce de Shaw eùt été quasi unanime. Ces drames d'lbsen qui ont tant c1rnqué le public et la critique ont cependant préparé l'esprit des deux à une nouvelle esthétique théàtrale, dégagée des ficelles à la Sardou. des croixde-ma-mèrc à la Bouchardy, des situations comiques poussées à la charge et enfin du faux pathos. Widowers' IIouses (Maisons de veufs) est décrit sur l'affiche comme pièce didactique et réaliste; la lecture de ces deux qualificatifs, et surtout du premier, a tout de suite indisposé ceux qui prétendent exclusivement que la scène ne doit pas êLre un lieu d'enseignement mais d'amusement. Shaw le savait bien ; mais comme il n'est pas homme à couvrir sa marchandise d'un pavillon trompeur, qu'il est avant tout un propagandiste du socialisme, et peut-être le plus habile, le plus pratique et certainement le plus indépendant et le plus courageux, il a laissé à d'autres le soin d'amuser le public se réservant celui de l'instruire sur le socialisme ou plutôt sur les méfaits du non-socialisme. La pièce se compose de trois actes. Le premier se passe dans le jardin d'un hôtel sur les bords du Rhin. Un riche propriétaire de Londres, Sartorius, et sa fille Blanche y rencontrent un cou-

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