La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LE SOCIALISMEET SES DÉTRACTEURS 7() Et accentuant cette idée vous lui avez dit encore: << Ce n'est que par l'inégalité des conditions dans toutP sa l'iguf'lll' que le progr~s pourra se JJPl')létuPI' Pt s'étemlre. lJ Avec de pareilles idées, :i\1. Leroy-Beaulieu me dispensera de lui prouver que le collectivisme doit abolir l'inégalité qui sépare les riches des pauYres; les faits seuls seront capables de le convaincre. Les paun-es, les travailleurs qui peinent et qui souffrent, trouveront que c'est assez de peiner et de souffrir pour les riches: le collectivisme apparaîtra alors comme la seule forme sociale capable de répondre aux aspirations de cette humanité souffrante et agissante. ::\fais,au fait, pourquoi dis-je tout celait l\1.Leroy-Beaulieu? Car, en réalité, il admet parfaitement que l'inégalité qui Répare la riches~e de la pauvreté doit un jour disparaître ... mais dans l'autre momie, selon lui ! << Ah! l'égalité clans l'autre monde! Très bien! Parfait! a-t-il dit à ::'II.Huret. C'est celle-là qui est vraie, c'est la conviction co11solr111tP qu'il faudrait répandre encore aujourd'hui !... l> Personne encore ne nous avait servi de semblables consolations. L'autre monde! Ah! vous êtes bien placé pour en parler! c'est bien à vous, économiste libertaire, de nous dire qn'il y a là-haut des consolations pour les malheureux! Certes, vous soignez admirablement les appétits de vos maîtres, et vous gardez leur maison avec une sollicitude sans pareille! Et ils peu vent vous féliciter sincèrement, M. Leroy-Beaulieu, car vous avez flatté leur égoïsme avec une platitude vraiment digne d'eux. Georges GHISLER.

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