La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LE SOCIALISJ.lE ET SES DÉTRACTEliRS Ï7 4.uïl y a d'innombrables prolétaires dont l'existence (•:,;t nn enfer, :'tcause de cette concentration des capitaux. Yom, n'ignor0z paH (1ne les familles de ces malheureux ont été détrnifrH, que les mèNs ne peuvent pins allaiter leurs enfants, qne les fillt>s(loi v1:nt He prostituer, qne les pères et les fils s'arrachent leur g.1gne-pain par suite de la concurrence qu'a déchaînée sur les ou \Tier,; cette con~entration tles capitaux. Tout cela, vous le saYez ! Eh bien! von,; venez nous dire, à nous sociali,,;tPs qui voulons construirè l'organisation sociale capable de remé-dier à des m·1ux aussi lamentables, vous venez nous dire que nouHaccomplissons 1,\ un acte défendu. Vou:; prétendez tout simplement que nous n'a,·ons pas le droit d'avoir nos théories à nou;;. P,trlez pour vous et pour vos maîtres! C'ar,avèc vos théories du lrlis.w'r-fcti,·p et dn laissrr-prus1•r abso1n:<, ·ous avèz imaginé un état social ot\ la bourgeoi,iit• apparaîtrait encor0 pins belle qu'elle ne l'est actuellement : vous avez imaginé une Hoci{,céo-ù vous pourriez ,iYre encore plus à voire aiH.)qut' dans la société présente. Oni, le régime bourgeois donc ,·ou,; jouisR~z ne ,·ou,; suffi,;ait pas; par vos principes libertaires pouss:mt lè lr1is8f'l'~/airf' et le lrtissN·-passer jusqu'it leur,; pin,; extrt>rnes limites, par votre indignation répétée chaque fois (J n'un gouvernement aux abois s'en écartait tant soit peu, vous a vcz prou ,·è q u1·, pour vous satisfaire, l'exploitation actuelle des travailkurs de,·ait encore être dépassée 1 Cela ne nous étonne donc pas, l\I. Leroy-Beaulieu, l!Ue vouR nous dé-criez le droit de b.ltir des théories : nos th{·ories affranchis,;:>nt les prolétaires, tandis que les vôtres maintiennent ces malheureux sous nu joug effroyable. L'avidité jouisseuse de ce ~L Leroy-Beaulieu est si enracinée, 4.tùl ne raisonne que d'après elle. Elle est pour lui la vérité absolue, immuable: tout le reste n'est qne hasards. Ainsi, selon lui, la concentr<ltion des capitaux a été amenée par des circonstances fo:·tnites: et elle sera détruite par des circonstances fortuites - bien avant qu'elle ait fait triompher le collectivisme : <r Je crois, dit-il, que cette concentration existe actuellement. Mais c'est la vapeur qui a fait cela. L'électricité pourra faire le contraire! Si je voulais me lancer dans les suppositions, j'imaginerais volontiers que la petite industrie a un très grand avenir. On pourra peut-être avoir bientôt des moteurs à domicile qui, pour un grand nombre d'industries, supprimerQnt les vastes ateliers et permettront de rétablir l'ancien état de choses : les ouvriers-patrons travaillant chez eux à leur compte. l> Le raisonnement de l\I. Leroy-Beaulieu est d 'nne pan vreté

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