La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

îû LA REVUE SOCIALISTE sort; et qu'ils se sentent la haine au cœur, en voyant la sarabande capitaliste apparaître comme la consécration de l'exploitation qu'ils subissent! Car Yraiment, ils sont fameux les services que la bourgeoisie rend à la société ! Faire travailler des jours et des nuits,les hommes, les femmes, les enfants et les jeunes filles dans des usines pestilentielles, jusqu'à ce que, la race perdant sa force, les bourgeois eux-mêmes r.'!glemcntcnt la jo:1rnée <letravail; cette vie de brute en un mot, imposée à toute une classe d'hommes, voilà ce qui a produit la grandeur de la société bourgeoise, voilà ce qui lui a permis d'étaler ses splendeurs aux regards de tous. Aussi que l'économiste Schaeffie ne vienne plus nous dire que le collectivisme est quelque chose de chimérique: le collectivisme veut que le traYailleur possède le fruit de son travail. Cela une fois conquis, le reste sera beaucoup moins compliqué à organiser que le festin continuel de la société bourgeoise. Car, quand les ouvriers travailleront pour eux et non pour une classe de jouisseurcl, ils ne se condamneront certes pas au labeur de forçat, qu'on leur impose actuellement: ils produiront le nécessaire dans la vie matérielle. No discutez clone plus, M. Schaeffie,au sujet du collectivisme: cela ne sert à rien que vous le refuticz. Seul, votre égoïsme de jouis,;eur doit Qnêtre très vivement préoccupé . • • • M. Huret a vu aussi M. Paul Leroy-Beaulieu. Celui-ci est le gardien par excellence de l'économie politique orthodoxe: c'est le serviteur Je plus dévoué de la bourgeoisie. Voyez comme il est timide dans ses réponses à M. Huret au sujet de la concentration que subisHent les capitaux clans les mains des grands possesseurs: il ne peut nier que cette concentration existe, mais il n'a garde d'en déduire la moindre conclusion: 1( Nous n'avons pas le <lroit, dit-il, d'en tirer les conséquences qu'en tirent ces messieurs (les socialistes), ni surtout de partir de là pour bitir des théories. Nous avons en France une singulière manie qui est de rechercher constamment une panacée universelle et do promettre au public une foule de bienfaits chimériques devant résulter de telle ou telle organisation. Or, cela est tout à fait faux. On no change rien ... » C'est très bien parlé, M. Leroy-Beaulieu : vous ne voulez pas troubler la tranquillité de vos maîtres, ni la vôtre, car vous faites trop bonne chère dans la maison. Mais vous n'ignorez pas en vérité

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