LE SOCIALISME ET SES D}:'l.'RAC'l'ErRK 7 5 vous doutez pas qne ces théories individnalistes rl'nfernwnt qnelqn~ chose de monstrnenx. Ponrquoi qualifier l'ègoïsnu• dt> 110/Jle t de/ir'r.> Pourquoi ne pas proclamer tout simpl<•ment qne la brntalité doit régler les rapports socianx? Pourquoi ne pas dire aux hommes de retourner dans les forêts et dans h'Rcaverne;;, ,lans les marais et clans les déserts? Pourquoi ne pas !Pur permettre de s'arracher lnll' butin comme les bêtes se battent ponr leur proie ? Car avez-vous vu dans les bonge8 des ville!'\ la misi•1·l•et la proRtitution r,wager le, familles des sans-travail ; C'ar aYez-vous vu clans les campagnes des vieilles dont la ppau c•st rongèe par la faim S' tor<lre Rur leur grabat dans d'affreut-es chanmi,\res? C'ar y avez-vous vn ùe malhenrenx vieillanlR avant n·,t\,lillé toute leur vie, rèster seuls ab:mdonnés dans d'humidei-; cahutes, 1<ansqu<? leur poële usé puisse même chauffer leur,; membres ,lécharnés? Tout cela on peut le voir dans la civilisation bourgeoise. Et pendant ce temps les posseRseurs animéH <lu 110/J/!•l'i /ù'1' é_qoïsmr font, à ce y_u'il paraît, marcher l'humanité vers l:t perfection! Que signifie une hypocrisie aussi cruelle, si ce n'e,;t que d'éhontés jouisseurs exercent le pouvoir le plus l)rutal et le plus arbitraire sur l'humanité? C'était bien en vérité à ~L Schaeffle à not1::i,lonner une leç·on de philosophie ! (';)rtes, il en a dit it M. Huret: il a oppo~é les préceptes de cette philosophie au collectivism<?, il a surabondamment démontré que celui-ci n'abatti-ait pas les puissantes vérités de celle-là. Elle est belle cette philosophie bourgcoi:-e ! Awc l(•noble individualisme, la bourgeoisie a fait triompher dans le mon<le les idées les plus basses et les appétit::; les plus Yulgaires. D'ailleurs M. Schaeffie nous indique lui-même les mobiles qui guident les gens de sa société : « Si, celui qui rend plus de services à la société, dit-il, n'a pas droit à un surplus de jouissances matérielles et morales, toute émulation dispar.:tîtra, tout zèle sera éteint..., etc » Ces jouis::;ances matérielles si bien accouplée::; aux jouissances morales, voilà ce qui fait rendre aux bourgeois des services à la société. Services fameux en vérité ! Avec ces services-là, la bourgeoisie s'est habituée aux goûts de luxe les plus scandaleux et aux nécessités de l'avarice la plus sordide, afin d'étaler une richesse toujours plus éblouissante. C'est grâce à ces services que les bourgeois et les bourgeoises se prélassent dans des appartements pleins de velours et de soie, tandis que de malheureux ouvriers restent sans gîte et sans nourriture. Que l'on s'étonne que les prolétaires qui vivent dans la misère et peinent comme des forçats soient mécontents de leur
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