LA REVUE SOCIALISTE dont elle souffre dans la production capitaliste. Et toutes vos paroles sonores d'économiste et de philosophe ne compteront pour rien pour les innombrables déshérités marchant à la conquête de leur bien-être. Aussi, quoi que pense M. Schaeflle du collectinsme, quoi qu'il entende par égalité et liberté absolueR, les prolétaires, une fois les capitalistes renversés, sauront bien instituer, dans la nouvelle société, une juste répartition de la richesse produite, pour remplac-ir l'anarchie distributrice de l'ordre social croulant sous leurs pas. Que :111S.chaeffie ne réfléchisse donc pas, dans son petit esprit dïdéaliste bourgeois, à la chimère que peut être le collectivisme; qu'il n'explique plus, comme il a fait si longuement à M. Huret, que s'il prend le collectivisme pour une chimère, c'est: « Parce que si, en effet, il y a des réformes à apporter au régime actuel lJOUraméliorer la situation déplorable d'une grande partie de la classe ouvrière, le socialisme, promettant tout et ne pouvant tenir aucune de ses promesses, porte sa ruine dans son principe même, etc., etc. » Les prolétaires se chargeraient de le détromper. Ils sont moins idéalistes que lui : ils conquerront tout le bien-être qu'ils pourront et ils le conquerront au moyen du collectivisme. Car lui seul, rompant définitivement avec l'individualisme capitaliste, ne tolèrera plus que certains hommes vivent aux dépens des travai !leurs. Et ainsi la grande solidarité sociale fleurira dans la société collective sur les ruines de l'égoïsme possesseur et jouisseur de la société bourgeoise. Il est vrai que pour M. Schaefile l'égoïsme est une chose admirable: « Le ressort le plus actif de la ci vilisatiou, dit-il, le levier le plus puissant qui guide l'humanité vers la perfection et le progrès a toujours été le noble et fier égoïsme de chacun, l'orgueil de marcher en avant, de se distinguer des autres ... » Et M. Schaeflle expose longuement à M. Huret les principes de sa philosophie sociale. Mais les quelques lignes précédentes suffisent, car nous y voyons que les principes sociaux de M. Schaeflle - ceux d'aujourd'hui ùu moins - sont de l'individualisme tout à fait pur. Avec ces principes, en effet, toute société collective est impossible: ils n'admettent de puissant et de beau dans le monde que les facultés de l'individu, les personnalités se distinguant des autres hommes et les dominant, et ils promettent de qualifier l'égoïsme de 1wbleet fier. La bourgeoisie vit sur eux. Aussi, bourgeois comme vous l'êtes, M. Schaeffie, vous ne
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