La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

î3l LA REVUE SOCI.\LISTE à traiter ('Ouramment de paradoxt' l'assertion que l'on peut réduire àH heures ou à8 heures la durée de la journée de travail ~ans aggraver les condilious iudustrielles du pays ou celte réforme sera réalisée. Les écouomistes, surtout qui seraient tenus pourtant d"Nre un peu au courant de ces questions, raisonnent sur les reYendications du F' Mai, comme si la diminution du· nombre d'heure;; de travail devait entrainer une diminution corrl'spondante de la production. A ceséconomistes qui ferment les yeux et se bouchent les oreilles, à tous ceux qui mettent en doute l'exactitude des propositions énoncées plus haut, nous conseilloDs de lire !"article publié dans le dernie1· numéro de la R1•r111d•,, /' J,;. ·011rm1 if, Polit ir11u• par ~1. Lujo Brentano, professeur d"économie politique ù ~1unich, sur la durée du tmcail l'i .~a pmdwti1•ité. ~I. Lujo Brentano prof es e depuis plus de vingt ans l'opinion quïl y a u11r conciliation constaute eutre les hauts salaires, la courte journér de tram il et la prospéri té ind ustriellr. Dans rarlicle consacré à l'examen de cette question, et qui lient plus de cinquante pages de la ll1•1•w•d'.1':ro1w11tiP ol1ïir11tP, le professeur allemand a accumulé une masseénorme de faits, nouveaux ou ancien·, la plupart inl'<lits ou peu connus, après lesquels il nous parait que lP procès rst défiuitivewent jugé - j'en appellt' au témoignage dr l'ami Boilley lui-mèmr, que je sais de trop bonne foi pour hésiter ù s'incliner devant l'évidence ... On comprend que je nr puis r('.•sumeren deux ou trois pages les cinquante de chiffres que publie la ill'l'llf' d'l!,'cr1110111Pùo• liti- ,1,u,. Je me bor:1C'raidonc à quelques faits typiques, pris dans la longue conversation de :\1. Brentano. On a ~ouvent invoqué en France, pour r(•futer la théorie de la producth·ité ou,Tière intensive sous le régime des courtes journées, l'rxrmple des mines prussiennes, ou les inspectrurs des états aurai<'nl constaté qu'à la suite d'une réduction de la journée de travai !. la production avait diminué.~l.Lujo Brentano conteste le fait et prouve que les i1,spPcteursse sont trompés: dans certaines mines,lr rendrment augmentait en mème temps que le temps de travail dimiuuait, dans d'autres, si un dcficit s'est produit, il doit ôtrr attribué à des causes particulières mais étrangères à la réduction <lesheures de la journée. D'ailleurs, n'a-t-on pas vu rn Angleterre et en Amérique, le progrès industriel, la prospérité des fabricants, suivre toujours les progrès faits par la <:liminntion du temps de travail. L'expérience qu·a faite l'industrie textilP anglai e, que la réduction de la journée a abouti à l'augmentation de la proJution nationale, a été reproduite plus tard dans d'autres branches d'indnstrie et dans tous les pays ...

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