REVUE DES REYGES Les ouvriers anglais ont coutumr de se moquer de la manière de travailler des Français qu'ils appellent un «amusement», et un amateur anglais qui avait dù s'engager vis-,\-vis du gouvernement français à construire une partie des bateaux dont il s'était chargé en France, déclarait en 1886, que la cause de l'infériorité des ouvriers français ear rapport aux Anglais. était la longueur de la journée de tra vai 1.Un inspecteur de la fabrique de machines deWilliam .\Iather, à Salford, m'a déclaré à moi-mèmc, en 1890, en présence d'un associé de la maison qu'il avait été occupé à Dresde, en Angleterl'C et en Amérique. que la plus grande productivité de l'ouvrier américain était l'effet de la réduction de sa journée; qnï I avait observé à Salford un accroissement de productivité chaque fois qu'on avait travaillé moins longtemps; qu'en Saxe, une principale cause de la moindre productivité était la longueur de la journée. En Australie, le mouvement en faveur de la journée d(' 8 heures fut puissamment appuyé par un entrepreneur, James stephens, • qui déclara, après des essais tentés dans ses tuileries, que ses gens faisaient antantde travail en 8 heures qu·en 10.» On sait que lajonrué(' de huit heures s·est étendue à to11tf'sles in<lustrif's de ce pays et la production n'a pas eu à en souffrir ; au contraire, un accroissement de la vroductivité nationale a correspondu, là comme partout, à la réduction dn travail quotidien. Le professeur ..\1unro constate un phénomène absolument identique dans les mines de charbon en Angleterre. La proJuction du charbon est montée, de 01 millions de tonnes en 18iï à lîü millions en 1889, en mème temps que la réduction de la journée s'effectuait progressivement jusqu'à n'atteindre plus que 7 h. >6 à Durham, et 6 h. ½ à Korthumberland, y compris le temps nécessaire à l'entrée et à la sortie. Aux Etats-Unis, après lil.loi des 10 heures adoptée en 187'1 au Massachusscts, le député libre-échangiste Edward Atkiuson se plaignait que C('lte loi fut nuisible aux ouvriers. parce qu'elle IP.s contraignait à travailler un onzième de moins que dans les autres Etats. Le bureau du travail de Massachussets. à la suite de cette protestation fit une enquête sur les conséquences de l'application de la loi de 18î,1 et les conclusions auxquelles il aboutit furent les suivantes : « Le ~Iassachusscts, en 10 heures, par homme, par métier et par journée, livre autant de produits du même genre que d'autres en 11 ou encore plus d'heures, et les salaires y sont aussi élevés, sin.on plus, que dans les Etats à plus longue journée » La Chambre de commerce de Stuttgard, dans un rapport de 1890, signale le fait sui vaut : « Il y a déjà cinq ans, raconte un fabricant, de <:orsetsqne,tandis que nous faisions travailler auparavant 11 heu-
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