î32 LA REVUE SOCIALISTE REVUE DES REVUES ::-iousavons été les prPmiers, avec M. Delahaye (1), à signaler en France, dans les pages de ce recueil, l'importance de la proleclion du travail, à une époque où l'opinion n'accordait pas à cetle questiou l'attention passionnée qu'elle lui a prêt,~e depuis. Dès 188tl, dans une série d'études consacrées à légitimer le principe de l'intervention législative dans le contrat de travail et à montrer les résultats bienfaisants de cette immixtion des pouvoirs publics dans le domaine économique, nous soutenious UIH' thèse qui, à son apparition, eut le don de provoquer, à la fois les sarcasmes des économistes, les critiques peu bienveillantes de certains socialistes et l'incrédulité des hommes impartiaux qui étudiaient la question de bonne foi. Cette thèse peut se résumer dans la proposilion suivante : La prospfrité industrielle d'un pays et le taux dn profit réalisé par sa classe capitaliste sont en raison directe des courtes journées de travail et des hauts salaires - D'où il suivait à nos yeux, que la classe capitaliste pouvait et même devait réaliser la réforme qui fait l'objet de la manifestation annuelle du l"' mai, sans avoir à redouter le déficit dont elle se croit menacée dans ses profits; que le caractère international des revendications du l" mai, tout eu conservant sa haute valeur morale de propagande et de solidarité ouvrière, n'est plus indispensable pour permettre d'appliquer les nouvelles conditions de travail. Car la hausse des salaires et la réduction de la journée, réclamées par les travaillPurs des Deux-Mondes, n'étant plus considérées comme des (1) Membre du Conseil supérieur du travail. Voir son article sur la Jou,·née de huit heures, dans la Revue de 1886.
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