730 LA REVUE SOCIALISTE acte, la majest6 sombre du début opposùe à réclat fulgurant du _final produit un effet d'incroyable puissance· et d'exaltation printanière d'une gràce inimitable! Au troisième acte, daus la chevauchée des "\\'alkyrics, l'impression de sauvage grandeur, dans un rythme original, est éprouv6e par tous. A noter: pas un ensemble, pas un chœur dans cette partition à l'exception du chœnr des Walkyries: ceci nous parait nne faute; nous le démontrerons tout ,t l'heure. Dl'lmas en Jupiter et B1ùal (Brunehilde; ont eu les honneurs de la soirée. Madame Ua1·on paraissait un peu fatiguée, ce qui n'a rien d'étonnant; son role est écrasant. rWe a rendu avec charme ainsi que Van Dyck la scène d'amour (je ne dis pas le duo) du premier acte. Pour conclure: noJJspensons avec Wagner que le chant ne doit pas régner en maitre absolu daus le drame lyrique ; mais comme il est l'expression la plus haute des émotions qui agitent les personnages; comme il se produit naturellement dans l'exaltation, il doit s'associer au poème dans une très large mesure, tandis que l'orchestre qui représente soit le bruit des foules, soit le murmure des flots, soit les vagissements multiples de la nature, soit dans l'espèce le chant des Walkyries, doit demeurer, dans le lointain, le vague et le mystère où ces bruits se produisent ordinairement, et qui conviennent du reste aux actions secondaires.Mettre au second plan la mélodie vocale qui est l"écho direct de l'àme humaine, pour noyer le poème dans des flots symphonique~ qui donnent ~eulement !"expression au second degré, serait muvre barbare. Partout où l'homme parait, sa voix qui a servi de modèle à tous les instruments, doit prédominer. A lui surtout, et avant tout, appartient ct'exprimer pleinE>mentl'idée du drame lyrique. Quand le iigre rugit dans la forêt, il exprime clairement ses fauves amours, ses doulenrs et ses colères; il les exprime non par des récitatifs monotones, mais par des tonalités variées et jusqu'à un certain point rhythmées. Sa voix puissante domine le mnrmure des arbres dans la forêt, le bruit du vent, le grondement dP-l'orage, parfois elle se mêle avec les rauques accents -dela femelle; et dans ses luttes avec les autres fauves un duo eflrayant, un trio, un ensemble terrible et magnifique emplit l"étendue de ses sonorités puissautes. De même dans la passion l'homme exprime l'idée avec une souveraine énergie vocale. Quand il lulle dans l'amour ou la haine ses accents se 11,êlent se 1·011/111tdmt en tendresse infinie, en sauvage colère, eu sombre désespoir. Mariées ainsi dans un concert sublime, les voix humaines vibreut, résonnent, se rencontreut, se choquent, et
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