La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LA Qt;ESTIOX SOCIALE DEY AN'r LES CORPS ÉLUS 72:l une meilleure solution. l\Ialgré l'excellent discourR de Jourde, hi Chambre a repoussé la solution socialiste : l'interdiction pour les patrons d'employer les ouvriers étrangers à un taux de salaire inférieur à celui des ouvriers nationaux. Elle a arn;si repoussé l'impôt spécial à établir sur les ouYriers étrangers, solution qui paraît rationnelle même en se pla<·ant au point de vue le moins socialiste, car pour rétablir l'équilibre entre les Fran<·ais et les étrangers, il aurait fallu commencer par l'égalité des charges. Or les étrangers échappent à des charges et it des impôts qui pèsent sur les Français. De plus, c'était bien lit le protectionnisme app1it1ué à la défense des salaires, la suite logique de la direction économique adoptée. On protège donc l'industriel et le propriétaire- au détriment du public, mais dès qu'il s'agit de prendre des mesures analogues à l'égard des salariés, on trouve aussitôt que{!, tc.rte dM coni·ention.~ ù1{1'1·1wtionotr,.~ N'y oppose jiJr1111,flfm1'11l. Il est difîicile de mieux prendre sur le fait et la main dans le sac la mau rniRe volonté et la méprisable hypocrisie bourgeoise. Comme on voit bien à ces exemples que la politique qu'on nous fait est une politique de classP et <l'égoïsme de classe. Et ce sont ces gens-là qùi proclament sans cesse qu'il n'y a plus de classes depuis la Révolution, qm, la théorie de la lutte dM classe8 est une monstruosité! l\Iaif', c'est vou,;-iu(-me qui la pratique)', cette lutte et qui démontrei par h\ même l'exactitude de la théorie, car la politique des frontières formées a produit, an point de vue de nos relations cxtéricnreR, de bien pl mi grosses con~équeuces qne n'en aurait eue la dénonciation en temps voulu <les conventions internationales qui nous lient encore et qui empêchent l'application de cet impôt. Quoique cette solution nous paraisse bien inférieure iL celle des congrès ouvriers défendue par Jourde, nous avons insisté pour bien montrer l'illogisme bourgeois, dès qu'il s'agit des intérêts ou ,rricrs à protéger. l\Iême arnrtement en ce qui touche les bureaux de placement. Le projet de la commission que l\I.. \.mauld Du bois, rnpporteur, a tr~s honorablement défendu et qui consistait clan:; la création de bureaux municipaux gratuits, a été non pas repoussé (c'eût été trop franc ! ) mais renvoyé à la commission. Ce rejet hypocrite convient parfaitement aux gens qui veulent avoir l'air, mais l'air seulement, de faire quelque chose en faveur des classes laborieuses. Nous anivons enfin à l'importante question de la responsabilité <lesaccidents dont les ouvriers sont victimes <lan~ leur travail et de l'organisation de l'assurance obligatoire. Cette question si , grave, si intéressante pour toutes les catégories de salariés, qui, ainsi que l'a r,1ppelé l\Iillerand dans son discours de :Marseille (fin

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