La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

ï:22 LA REVUE SOCIALISTE Chambre' dC's député,; est ferme sur un point, s:t haine ùes soci,distei, et surtout de ceux d'entre eux qui la blessent le plus par l'intégrité de leur vie, par leur dévouement à la grande cause de la .Justice Sociale, et par leur Yaillance quasi chevaleresque. Ceux-là ont le tort de rappeler un peu les temps héroïques tlu parti républicain, le temps des Barbès et des Blanqui. Gambetta s'était hâté de proclamer la fin de cette ère. Il aYait oublié. lui, le gran(l abaisseur des sentiments et de l'idéal de sa génération, lï1omme ùei, intérêts matériels, !"homme qui plaisantait volontiers les viéille,; barbas enthousiastes de 18-!8, que si le temps ùes héros Nait pas,;é celui des tripoteurs comm.ençait. A côté de ces flibnstiC'rd qni ont sali la pure renommée des anciennes phalanges répn blicaineH, se joignent tons les êtres à plat-ventre qui déshonorent le nom ù"hommes, le parti de l'échine souple ot de la gamelle pleine, ces crapauds du marais (comme on disait pendant la grande Rérnlution) qui coassent en l'honneur du plus fort, dont l'appoint 1ù1 jamais fait défaut il l'accomplissement de toutes les violence~, (le tous les abus de pou ,·oir et <le toutes les vilénies. Ce sont ces gen,; lit, qui souflletés et personnellement insultés par le bel example de vie pure et de dévouemel'lt à l'idée que leur donne chaque i<>t1nr otre ami Baudin, ont voté les pour::iuites contre lui, afin de nwtt1·e un peu it sa place cet honnête homme agaçant. :\Ialgré le lumineux discours de Jaurès, la Chambre a consenti aux poursuites. l\m importe, entre les affirmations de quelques bas sous-1dfs de police et celles de Baudin, ce chevalier sans peur et Han;; !'c'proches <l~la Rùol1tlio11 8ociatr,, nous n'hé::iitons pas un instant. Les policier;; en uniforme et les policier,; en robes feront ce qu'ils voudront, ou plutôt ce <1u'exigera la classa bourgeoise menacée. Xous attendons le résultat en félicitant l'homme de cœur qui, par sa modération et sa i-agessa, a plusieura fois préverrn l'effuHion du sang il Carmaux, <le l'honneur qu'on lui fait. L0 s autres discussions de la Chambre des députés ne valent pas m~me une mention détaillée : chaque vote est un avortement de plus, une manifestation de plus de l'incapacité bourgeoise. On a <1uelr1uepeu <liscuté au sujet de la suppression des octrois. Le projet <leloi adopté confère seulement aux communes le droit de remplacer leurs octrois par des taxes directes, ;;ans aucune obligation imposée de réaliser la réforme dans un <lélai déterminé. Les décisions des conseils municipaux remplaçant Jours octrois pat: d!:'s taxes directes ne seront du reste applicables qu'après approbation du Parlement. On voit la finesse : il s'agit <l'arrêter les municipalités socialistes quand elles tenteront quelq uc rH orme réelle. La question si importante des ouvriers étranger.s n'a pas reçu

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