La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

720 LA REVUE SOCIALlSTE que les hommes employés aux travaux du for et du bois, et ils sont très nombrè 1x, sont payés trois francs par semaine et rapportent autant par jour,qu'ils sont astreints, sous peine dEJprison cellulaire, à fournir un minimum qui doit être un maximum pour un ouvrier libre, ca1·ces malheuraux bftchent sous l'œil impitoyable du contre-maître, surveillé lui-même par des gardes-chiourmes. La cliscir line est terrible. Xous avons vu un homme condamné à six jours ùe cellule, iL l'eau et au pain, pour avoir Yolé un ,·erre de lait dans une ferme ! Chose horrible : la plupa"t des malheureux libérés sont tenus de présenter, là où ils tentent de s'emb:rncher, la feuille de sortie tle ·w eenhuysen ; alor.,, ch,1ssés partout, ils se font arrêter de 1101n·eauet raconduii-e à Weenhuysen, manger le pain dont ne voudrait pas un chien, la pàtée dont voudrait seul un cochon! Telle e,;t la colonie pénitentiaire cle l'Etat n12erlanclais, tel est l'asile ou vert à des hommes dont les phy,;ionomies, que nous avons étudiées témoignent, bien plus <1uele ,·ice, l'{•érasement des miseres sociales. E. FAILLET.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==