La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

ïlO LA REVUE SOCIALLSTE ('eH gens-là paraissent heureux de leur sort, sans beaucoup i,oupç:onner autre sociét{• que la colonie ; leurs visages brunis ne refli-tent guère l'intelligence. Dans chal[Ue ferme sociale, une bouYerie (.J.Oit ;)() bœuffi, -..aches et v<'aux), une porcherie (douze à quinze trtes), ùes chevaux. Tout est aménagé, tenu d'une manière irréprochable, et muni cle l'outillage le plus perfectionné. On y reç·oit le lait deH petitCH(?rml'S et des habitationH i,;olées; on en fait avec la crême, du b~u1-r0et des fromages exquiH; le lait est expédié, par le chemin dl• ft>rvoiBin, dans leH ,·illes proches de là. Le bénéfice ùoit Hre considérable. En outre la Société a, sur diYers pointii, installé des ateliers dans h•Hqnels on \Tiers et ouvribres, mal nourrit'<,recevant JO à 1,5 .~011s par jour, fabriqueut (les nattes, deR corbeille~, des sièges en bambous, des Yêtements de confection. Le 1,roduit de ceH<liver,; artich•;; atteint just1u·:'t40 il :,0 mille francs par an. Chemin faisant, nom; a ,·on1,visité une fabrique de conserves de légume,i. Elle occupe une vingtaine d'ouvrières, jeunes et vieilll'H, pay{•eHau maximum 7 centimes ùe l'heure. Quand nom; arriv;in1t•s, elles chantaient avec une singulière vèhémence des coupleü; <lt>goîltants ; elles continuèrent en nous regardant avec effronterie. <.:e joli petit atelier est recruté da111l:e1R familles de la colonie. Puisque je parle de familleti, il est intéres,mnt dE' signaler que le vieux colon, tlevenu incapable de tra mi lier et retité journalier, est miH :'t la charge de la Société, qui le place chez le o: freibnrger" ayant réclamé la ,mb,·ention la plus faible. Chaque commune possède un temple, - mais quelles bicoques ! - et trois écoles primaires ; l'irn1tituteur enseigne simultanément aux filles et aux garçons; le matériel eHta!lsezconvenable. Les gar\·ons, <1ui composent un petit bataillon Bcolaire, manœun-ent avec des vieux· fusils, des vieux sabres, voire même lies fuHils en bois ; c'est grotesque. Chaque commune renferme une école de couture, et pour tonte la colonie, une écolo de dessin. Ayant appris leur existence un Jll'U tard, nous n'avons pu les visiter. Gritce aux libéralités d'un monsieur Yan Swieten, la société a foncl{,,ces dernières années une école professionnelle d'horticultur·e et <l'arboriculture, une école <l'agriculture ; en construction, une école de sylviculture. LeBmaîtres y professent des cours théoriques le matin, et l'après-midi des cours prati<1nes pour nn<' vingtainl' d"l'.•lè,·esde 15 à 20 anR; ceux dont les parents habitent trop loin de ces écoles, prennent le repas de miù.i chez le « freihurgèr >> le plus proche, moyennant une subvention versée par la

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