îO! LA REVUE SOCIALISTE duit des circonstances. Ce qui contribue à le faire ce qu'il est, c'est le plus ou moins de facilité de retenir l'empreinte de ses sensations, de la reproduire et de la combiner a \·ec d'autres perceptions : l'occasion de multiplier plus ou moins nos rapports avec une fraction plus ou moins importante des objets antérieurs, enfin le degré d'appropriation de l'expérience sociale, auquel le hasard nous permet d'atteindre par l'éducation, la lecture, l'étude et la fréquentation d"une société fort variée. li faut ajouter que la facilité de nous servir de nos perceptions est elle-même, en grande partie, l'effet du hasard. Non seulement elle grandit par l'exercice chez tout individu, mais elle est jusqu'.'i un certain point l'héritage inestimable de générations d'ancêtrès bien placées pour l'acquérir, et pour nous la transmettr.:?comme une particularité de notre organisation. V J ;i dois le répéter : c'est Aurtout à l'expérience sociale, à la société. que l'homme doit le degré de liberté relative et d'intelligence qu'il possède. C'est la société qui nous a pét!'is et façonnés, et il s'ensuit que le développement des intelligences est régi par la même loi que celui de la conscience. Il est le plus complet là où il y a le commerce le plus intime avec la société ; le plus fai-' ble, an contraire, là ot't les relations ayec la société sont le moins nombreuses et le plu,, supm·ficielles. Cette vérité se découvre du pl'emier coup d'œil par la comparaison des différents peuples clans l'humanité, ainsi que par la comparaison des individus dans une seule et même nation. VI L'intelligence sociale, par sa nature môme, est occupée sans .relâche tle tirer le meilleur profit de toute la création, d'agrandir forcément l'intelligence et la liberté relative des êtres qui composent la société, et de réagir favorablement, par chacun de ces êtres, sur son propre développement. Elle est lo fonds où chacun puise à peu près toute la portion d'intelligence et de liberté qu'il possède. Donnant largement, elle reçoit un peu de tout le monde, de manière qu'elle croît et augmente dans une proportion infiniment plus forte que l'intelligence individuelle la mieux cultivée. Son but que nous venons d'expliquer est ce y_niconstitue l'intérêt yénéml de l'lmmanité; celui-ci englobe par conséquent le vérita-
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