LA LIBERTB MORALE ET L'ORIGIXE DU DROTT ï0:1 chez le chrtitien, tout en prenant sous sa protection tutélaire la polygamie ùes Turcs ; si elle justifie, chez l'habitant du sud de l'Union américaine, l'horrible institution de l'esclavage dont elle fait chez nous un crime abominable ? Pour nous, rien de plus simple, de plus naturel. La société humaine n'est pas encore arri,·ée à un tel degré d'organisation que, dans son ensemble, dans sa totalité, elle puisse agir sur l'individu ou même sur les différents peuples de l'uniYers. Son action s'est exercée jusqu'ici par des fractions plus ou moins importantes, mais qui tendent à se réunir peu à peu pour une action commune et d'autant pins généreuse qu'elle se:ra plus vaste, - mouvement dont notre société européenne nous mon tri> l'image la plus fidèle et la plus saisissante. Il Yasans dire que le travail intellectuel des différentes fractions, par cela mê1ne qu'il n'est ni identique ni soumis aux mêmes conditions, ne peut pas produire les mêmes résultats. La dheloppement deA fractions et des individus présente par conséquent les différences lcA plus frappanteH, et il est indubitable que les lois morales qui en decoull'nt doivent offrir le même écart. On l'a vu : nous n"admettons pas le libre arbitre chez l'homme. Celui-ci, dans l'origine, est l'eHclave des rapports qui s'établissent, par l'intermédiair.i dt•s sens, entra lui-même et tout ce qui l'entoure. Il acquiert peu à. peu un certain degré de liberté morale par l'équilibration des sensations ou des empreintes des sensations conservées par la mémoire et dont la multiple combinaison s'appelle la p,.mée. Ceci équh·aut à dira que cette liberté morale ne sera jamais parfaite, qu'en un mot, elle n'est liberté que par rapport à cet ordra de choses que nous dominons, en appelant à notr.i secours un autre ordre de choses, dans lequel nous puisons la force et l'énergie néceRsair.is pour amener l'heureuse issue de la lutte. C'et:1t ainsi que l'homme de bien, appelé à la cour pour y prendre une haute position, u·est pas librl', s'il l'accepte et s'il y persévère, de rester l'ênnemi du priYilège et le défenseur des droits (ln peuple. S'il veut empêcher la transformation successive et fatale de ses con\·ictions, il doit r.ifuser les faveurs de la cour, en tenant présentes à sa mémoir.i les àpres jouissances d'une Yie passée au service de la démocratie, ainsi que le bien qu'il fait à l'humanité et dont l'image riante Je pénètre déjà d'une satisfaction pleine de charmes. Le caractèra de l'homme, par conséquent, n'est que le pro-
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