La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

î02 LA REVUE SOCIALISTE Tieur'3s, c'est-:t-dir3 l:i où elle ne consiste que dans les rt1lations 1:mperficiellesa1·ec un certain nombre d'oisifs de ces mêmes classes, et 011 elle ne s'étend pai:;,par une lecture bien choisie et par l'étude, jusqu'à la fréquentation habituelle de l'élite des contempor:1ins et des générations éteintes, qui, par leurs travaux et les résultats de ces derniers, participent encore à notre existence sociale. Dans les cercles dont nous parlons, la conscience est nécessairement au niveau de cette communion défectueuse avec l'humanité ; elle n'y impose guère que l'observation plus ou moins scrupuleuse de certaines prescriptions sociales qui tombent continuellement sous les sens et qui concernent principalement tel ou tel côté des 111œnrs et surtout la mode. L::1conscience est au contraire très énergique chez ceux qui, comme beaucoup de penseurs, ont un commerce régulier avec les meilleurs esprits de tous les temps et de touteR les nations, avec ces esprits qui représentent l'intelligence sociale sous plusieurs de ses faces : elle sera enfin le mieux développée chez ceux qui ajoutent à ce commerce intellectuel l'amour du peuple et ne reculent pas dernnt la t;khe de faire connaissance avec cette partie intéressante de l'humanité qu'on néglige et qu'on méprise souvent, parce que le maigre produit du travail manuel ne lui permet pas de se couYrir du vernis éclatant et des oripeaux de notre civilisation. La conscience pourra encore acquérir beaucoup de vigueur partielle chez ces hommes du peuple qui, tout en vivant en dehors du grand mon vement social clans lequel la bourgeoisie se meut, sont cependant en communion habituelle avec l'humanité entière par quelques points, ne ftî.t-ce qutl par rapport à ces magnifiques sentences de l'intelligence humaine qui se rencontrent avec plus ou moins d'étendue, plus ou moins de justesse, mais malheureusement aussi aYec-plus ou moins d'alliages impurs, dans les différentes religions que le monde a Yues naître et qui entourent d'un lien commun une grande partie de l'humanité. Ue que nous Yenons de dire - il est il peine nécessaire de le constater - donne l'explication complète, rationnelle, d'un fait qui a été toujours la grande pierre d'achoppement de tous ceux qui veulent voir clans la conscience humaine une voix intérieure, chargée par une providence, par un dieu, de nous indiquer en <1uelquesorte le bien et le mal. Pourquoi la conscience n'est-elle pas la même chez tous les hommes ? Pourquoi la conscience de l'un approuve-t-elle ce que la conscience. de l'autre rejette qtwl- {}Uefoisa\·ecvéhémence? Quelle valeur peut avoir la prétendue voix intérieure par laquelle l'FJtre suprême nous guide, si elle tient à .chacun de nous un langage différent, si elle exige la monogamie

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