LA Llll~JRTJ': MORALE ET L'ORJG1::rn DU DBOT'l' iOl D.ms le sentiment intime, involontaire, impérieux et illlpost.'• par la nature dei-;chose!<,que ces loi:-; sont sup{•rieurl's il tout œ que nous pourrions mettre incli \'id tellement à leur place, l{LW ll'ur tr,ms).(r<'fl!'<iosnerait en même temp:-; et un malheur et une action inintelligente, - dans ce sentiment, dans C<'tte conviction dont la non-exii-tence est impos,.ible, He trou\·e l'origine et l'explication de la 1·01181'Îl'IICt' lt11111ailu•. 111 L~:; pr-:!:;crpi tiom, ou les lois de la morall• n ·ayant pa,; ètt\ crc\ées par son propre traYail intellectuel, l'homme, dani,; les heures d\ll·euglement où l'enchaînement tics choses se perd en quelque sorte pour lui, est exposé à en méconnaîtr,• l'autorité. L'utilité que nécessairement elle;, doivent ;n-oir aus><bi ien pour lui en particulier 11uepour l'humanité en gi•néral, lui échappe : mais à peine a-t-il commis une infraction aux lois morales, qu'il se ra\'iS~: la lumièr-:! reparaît: il sent quïl a fait une action c:ondamn{•e par la }'lu::;grande expérit•nce, la plus hauco intellig,•nce qni existent, intelligence et expérience qui, quoiqm• imparfaitement, sont cleYe1rnessit•nnes et comptent pour une large part dans sa puis:3:111cdee conception. Il comprend quïl a agi en l! ueh1ue Rorte comme ennemi de la société et de lui-même : le fait s'offre à .,;on e:-1pritsous l'aspect sinistre <l'une action antisociale ; il voit a \·ec terreur qu'il a brisé un deR liern, qui l'attachent it la grande communauté humaine, au moule où il s'm,t formé et où il pourra se transformer encore. Les convictions morales, infusée:; par la société <lans son intelligence, ont repris leur empire ; et de lit ce regret, entrèmêlé d'une forte honte, d'avoir été nuisible, brutal, inintelligent: <le là cette condamnation de soi-même dont la nonexistence est impossible : car comment une intelligence que l'on doit presque en entier il la société elle-même, pourrait-elle hésiter longtemps à donner raison aux prescriptions impératiYes de l'intelligence sociale plutôt qu'aux suggestions indi,·iduelles? De ce qui précède il résulte que l'énergie de la conscience sera toujour::; proportionnelle à la communion intime dans laquelle un individu vit avec la société. Plus cette communion aura été parfaite. plus la conscience sera développée. La première étant insignifiante chez certains hommes de la plèbe qui peuplent plus tard les pri:;ons et les bagnes, la conscience chez ces malheureux est à peine ébauchée ; elle n'existe que dans ses rudiments. La communion dans laquelle on vit avec la société peut être à peu près aussi nulle dans quelques fractions des classes supé-
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