ïOO LA REYUE SOCIAL! TE ani ve it son entourage se grave dans sa mémoire aussi profondément qne leR1·ésultats de sa propre expérience. Il en re1,sort que ces expériences étrangères, qu'il sait s'approprier et qui l'enrichiHsent, deviennent immédiatement un nouvel élément de la lutte intérieure, de l'équilibration des penchants, de cette combinaiHon des empreintes de ;,es seni,;ations enfin que nous avon;, appelées idé1•g, cl dont nous parlons un peu plus haut. L'expérience étmngi•re aide par conséquent à amener l'affranchiRsement partiel de l'homme, ii agr,rndir son intelligence et it former son carJctère. Et puisque la Homme d'expérience acquise par l'humanité est infiniment plus forte que celle qui doit être mise sur le compte de chaque homme pris individuellement, la logique en doit conclure que le dé\·eloppemerit de l'intelligence humaine et le degré <leliberté auquel l'homme est panenu, sont dm; principalement it l'action de la société. Plus l'homme se trouve en communion intime avec la société, plm; il se développe rapidement : c·eRt une vérité confirmée par toutes les données de l'histoire. Puisqu'il en est ainsi, l'homme le sent et le comprend néces- ,;airement, sans se rendre cependant un compte exact du fait dans route son étendue. Il est forcé, par la nature des choses, de voir et de vénérer clans la société une intelligence supérieure à la sienne, intelligence qui, en formant principalement la sienne propre, la domine et exige sa soumission. L'homme y rtivient en tout temps, malgr{, de nombreux essais de révolte, ùont la source peut être indi!Juée a ,·cc faciJitl\. Entourés de l'intelligence sociale dc:'snotn' berceau et façonnés sans cesse par elle, nous nous apercevons souvent beauC'Oupmoins de la dépendance qu'elle nous impose, que cle cet autre fait, v1,li et incontestable, qu"une certaine partie de notre développement intellectuel est une conquête due à notre prop1·eexpérience. Xous nous exagérons la portée ùc ce fait, et, dam; notre erreur, nous nous plaçons orgueilleusement au dessus de la société. jusqu'i1 ce que los évènementR se chargent de nou1-1 détromper d'une manière souvent fort cruelle. Cette intelligence sociale ou, si l'on veut, cette expérience sociale agissant sur chaque individu de la grande famille humaine montre sa supériorité dans tout son éclat, en nous dictant les règles qui doivent ré>girnos rapports avec les hommes et avec les choses. Ces règles, ces prescriptions, nous pouvons quelquefois les enfreindre, mais nous en reconnaîtrons toujours forcément la sagesse, la nécessité ; toujours, en général, uous comprendrons et nous ,;ubirons l'obligation de les suivre. Elles forment ce qu'on appelle vulgairement les loi.~df' la 11/0IYÛI', et elles seront les plus parfaites lit où la Hociété, dans son action, est le moins entravée par les lignes de démarcation que les différentes classes ont l'habitude de tirer entre elles et le reste ùes humains.
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