(3 LA REVUE SOCIALISTE combattre plus utilement pour le peuple, de gagner à la cause plébéienne quelques nouveaux adeptes,. quelques nouveaux 11oldats ! Si la voix do Cladel n'a pas été mieux entendue à l'époque où nous sommes ! - tôt ou lard elle aura son retentissement. Si le P~uple n'a pas mieux compris Clade!, c'est d'ailleurs parce que le Peuple, trop longtemps tenu dans la senitude, n'était pas encore digne de comprendre une rouvre si noblement belle. Et Ch1del, comme l'a remarqué justement Xavier do Ricard ne crût pas que, sous prétexte de démocNtli.~e,· l'art, il put lo 1·1dgarisl'I'. i\Otre regretté maître a été un apôtre de la vérité, il a été surtout - et c'est là le grand exemple de AA \'lC - une des plus humaines et des plus belles personnifications de la Bonté, - non point peut-être de la Bonté passive et résignée, mais ùe la Bonté active et rholtée qui veut que l'Amour soit basé sur la Justice! Car, s'il était doux, accueillant aux humbles, aux ignorants, aux paun·es, il avait la robuste et sainte haine de tous les parasites, de tous les exploiteur,; de l'Humanité. A ceux-là, certes, - et il avait bien raison ! - il préférait les gais moineaux francs qui picoraient à sa fenêtre, les bons toutous fidèles, toute l'animalité qui ne demande qu'à vivre en paix avec l'homrno et en sa compagnie. Hélas! pourtant, il aurait eu quelques droits do mépriser les hommes lui, ce vrai saint, à qui los trahisons n'avaient pas été ménagées!. .. N'est-ce pas, ô vous Tous, gens de la haute et basse littérature qui avez attendu sa mort pour dire ce qu'il avait fait, ce qu'il valait, ce qu'il était ce grand, co noble artiste, cet admirable citoyen!... :\fais que lui importait votre Envie! .. que lui importaient vos 1iosthumes admirations! - il avait prévu vos <lithyrambes, il les avait jugés; - parfois avec un malicieusement tendre sourire accompagné d'une tape brusque sur une épaule amie, il disait qu'on lui rendrait justice plus tard ! - même en son pays natal ! Rien ne ponvait l'arrêter dans l'accomplissement de son œuvre. Peu après son arrivée à Paris, Clade! collabora à la Rn•up Fantni.~i.~te, et fit la connaissance de Baudelaire. Vers les mêmes temps il devint l'ami de Gambetta. A ces premières amitiés il demeura toujours fidèle - il n'était pas de ceux qui ne savent pas se sonvenir - mais il garda plus de fierté peut-être de l'amitié du poète que do celle du tribun; dont il s'éloigna d'ailleurs, dès que vint la fortune politique ... Quand Gambetta parvenu au pouvoir fit offrir à. son ancien
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==