La Revue socialiste - 1893 - Tome XVII - vol 01

LÉOX CLADEL 5 LÉON CLADEL Fils d'un modeste bourrelier que, plus tard, il devait immortaliser sous son nom de Compagnon du Devoir Jionlauuan !11 1u• le srmras pas, notre maître et notro ami quitta, vers les vingt ans, le pays quercinol où il était né pour s'en venir à Paris (1). Il devait y faire son droit, selon la volonté paternelle ..., mais il trouva mieux que la qualité d'avocat ou de notaire pour défendre la ,euve et l'orphelin. Emile Zola a rendu le plus éclatant des hommages qu'il pou- ,ait rendre à un rival en disant la loyauté irréprochable, la vie exempte de compromission, tranchons le mot, l'héroïsme de Léon Clade!. Jamais en effet, « le cligne entre les dignes, le fier entre les fiers, le probe entre les probes, l'honneur et l'orgueil de notre métier» comme l'a écrit Séverine, ne connût une défaillance. Il était pauvre à son arrivée à Paris, il est mort pauvre. Et ce renom d'intégrité est le plus noble des héritages que pouvaient souhaiter les chers siens - sa vaillante chère femme, sa courageuse fille aînée, ses doux et mignons enfants. Sorti du peuple, Cladel est resté clans les rangs du peuple, - vivant de sa vie, en conservant toute la foi, tous les enthousiasmes, souffrant des mêmes souffrances. Ce qu'il avait appris, ce qu'il savait ne l'avait pas éloigné de sa race ! Il se servait de sa science simplement pour la cause dn peuple, heureux de pouvoir (1) Léon Clade! est né Je 16 mars 1833, rue Yille Nouvelle, à Montauban, de Pierre Clade! et de Rose l\Iontastruc.

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