L'ORGAXISATIOX CORPORA'r1'"E ET LA PRE 'RE ROCIALŒTE G!)~ manuelles. De lh, lutte pour la vie plus difficile, concurrence plus .àpre, chômage plus fréquent, et par suite a\'ilissement graduel des salaires. Yoi là.pour la dégmdation matérielle . • . .. Il faut en prendre notre parti. Xous sommes n\duits aux conditions du salarié infime vis-à-vis cln patronat tout puissant: et nous portons comme tout autre, le poids de cc régime C[Uimet l'intelligence, le talent, la moralité, le caractère, :<ousle joug d'un être sans intelligence, sans talent, sans moralité, de cette chose sans entrailles et sans principeH, qui se nomme le capital. On ne veut pas reconnaître la Iuttc cles classes : cette expreflsion pro,·oque chez beaucoup de nos confrères (les accès de pudeur effarouchée. :\fais nous y sommes nous-mêmes: nous y plongeons, en pleine lutte des classes. Est-ce que, sous tous les rapports, à. quelque point de ,•ue que nous nous pladon:;, il n'y a pas opposition absolue, antagonisme irréductible entre l'écriYain qui entend conserver le culte sacr{, de l'i<lée et le capital, son maître, _pour qui l'idée n'est qu'une marchandi!le. Une chose seulement peut nou>' étonner, c'est que. serfs du capital au même titre que ]'ouvrier manuel, exposés aux même:'! contraintei:; et aux mêmes humiliation:'<, nous ayons mis si longtemps, nous dont le métier est de manier les idées, à concevoir ce que depuis longtemps ont conçu les gens simples, le terrassier, le manœu vre, le for~·at de la mine, et qui commence à pénétrm· dans le cerveau de l'homme des champ;; lui-même. Une telle anomalie doit a,·oir un terme. L'heure est venue pour le travailleur intellectuel, s'il veut mériter son titre, de s'élever, pour le moinR, au niveau du Aimple manœuHe et de celui que nous a,·ions dédaigné jusqu'ici sous le nom de rural. Il faut qu'à l'exPmple de l'ouvrier manuel, l'ouvrier de la pensée prenne conscience de sa situation de salarié, conscience de la nécessité de se protéger moralement et matfriellement contre l'envahissement progressif de la domination capitaliste. Et lorsqu'il en sera arriv('., là, il s'élèvera plus haut. 11 comprendra qu'il doit s'unir intimement au prolétariat manuel pour défendre la cause commune ; il comprendr,t (JUe des devoir,; d'autant plus grands lui incombent que son intelligence est plus cultivée, que la société lui a veraé d'une main plus prodigue les trésors de l'éducation dont elle se montre encor.:i si aYare à l'égard de ses frères, les ouvriers manuels. Il comprendra enfin que la place de la presse est non pas it l'arrière-garde, mais bien au premier rang dans Je grand combat de l'émancipation du travail, autrement dit, de la révolution sociale.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==